‹ Le gouvernement de soi-même (volume 2)Chapitre 41 sur 91 · Maury, op cit · texte numérisé non relu

Maury, op cit

5. « La trame qui s'ourdit alors est un effet, non de la mais du tisserand, mais de la disposition du métier qu'une cause étrangère à sa volonté met en action. » (Maury, op. cit.)

6. Cf. Maury, op. cit., p. 17 et suiv., 45 et suiv., 415, 424, etc.; Marie de Manacéine, Le Sommeil, trad. Jaubert, Masson, ÎS96,

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vouloir abdique, la conscience normale est prête à sombrer. Les idées, les images incohérentes qui déjà y foisonnent sont presque prises pour des réalités : l'hallucination n'est pas loin. En un mot, il reste juste assez de raison pour s'apercevoir vaguement qu'on déraisonne et pour en demeurer responsable.

C'est une mauvaise condition pour « se gouverner soi-même ». Le gouvernement de soi, comme des autres, suppose une raison vigilante qui juge, qui voit le but et marque les moyens, et une volonté qui décide, qui ordonne et qui exécute. De tout cela, dans la rêverie comme dans le rêve, il n'y a plus rien; la conscience est en anarchie. Les idées s'en vont à l'aventure, nous le savons déjà, et les vouloirs à la déiive; car, si l'image incohérente remplace la raison, c'est l'instinct qui se substitue à la liberté. Découronné de la vie humaine faite de raison et de liberté, restant audessus de la vie végétative où il n'y a plus de rêve, le rêveur ne peut vivre que la vie animale toute livrée à l'instinct. Encore est-ce à un instinct désharmonisé, amoindri, mal guidé par la sensation. Les sens extérieurs devenus atones perçoivent peu, et l'imagination d'ailleurs fausse leur témoignage; « ce sont les impressions internes qui dominent et dirigent la marche des idées»; c'est la manière d'être, le bien-être ou le malaise physiologique, c'est le « moi viscéral » qui l'em-

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