I. Pierre Janet, Obsession* et Psychasthénie^ p
supprime tout le travail » de direction, toutes les résolutions prises. « Le fait est d'une banalité désespérante »,ne manquant jamais. « Il n'y a de différence nue dans la force de l'émotion nécessaire pour amener ce résultat. Chez les sujets très malades... il suffit de presque rien, une rencontre, un mot désagréable, le plus léger ennui, la plus légère crainte. » Chez d'autres, moins déprimés, « les petites émotions n'ont pas autant d'effet .Mais il n'en reste pas moins un fait frappant, c'est que l'émotion est, chez tous ces malades, la raison, l'occasion constante des rechutes perpétuelles4».
Quel est le directeur d'âmes qui ne pourrait pas enrichir, sur ce point, de faits innombrables, l'expérience des psychologues? Combien de fois on vient lui dire: «Jusqu'à tel jour, tout a été bien; j'ai fait tout ce que vous m'avez demandé, tout ce que j'avais résolu ; mais, à partir de ce jour-là, rien ne va plus. Je ne vaux rien. » Questionnez : Qu'estce qui a fait ce changement à vue? — C'est une émotion.
Le fait est facilement explicable. Nous avons vu (Tableau, p. 122, II) que l'émotion dissocie la conscience et en disperse tous les éléments, ceux de la résolution comme les autres, ou même de préférence; car, dans les cas de désagrégation psychologique, ce sont en général les acquisitions