‹ Le gouvernement de soi-même (volume 2)Chapitre 6 sur 91 · P. Janet, Autom · texte numérisé non relu

P. Janet, Autom

4. Cf. Bouchard, Traité de médecine, Masson, 1894, t. VI, p. 1356.

FATT3 TIR$S Dg L HYSTÉRIE 4!

l'exécuter, et le mouvement est accompli comme par une décharge convulsive. Lucie pense à quitter la salle, et la voilà au travers des rues, à peine habillée, courant et gesticulant. Léonie... veut descendre au jardin; la porte résiste un peu; brusquement la voici sur la fenêtre ouverte, et j 'ai à peine le temps de la retenir... Des exemples nombreux sont inutiles; il faudrait citer toute la vie et toutes les actions, car on retrouve toujours ce môme caractère de précipitation irraisonnée1 ».

Cette précipitation est parfois assez grande, non seulement pour devancer la réflexion, mais pour emporter l'organisme malgré les résistances d% la volonté : « J'ai connu une dame atteinte d'hystérie, et qui, dans ses accès, faisait et disait ce Qu'elle voulait précisément ne pas dire et ne pas faire. Sous l'empire de la crainte qu'aucun mot inconvenant ne sortît de sa bouche, elle prononçait, malgré elle et sans bien savoir ce qu'elle disait, des mots obscènes. Traversant, le soir, une longue galerie solitaire de son château, un bougeoir à la main, elle était prise d'une peur extrême de se trouver là dans l'obscurité; et à peine cette pensée lui était-elle venue, qu'elle soufflait sa bougie2. » L'idée dont elle avait peur se réalisait assez impétueusement pour ne pas laisser à la volonté le temps ou la force d'intervenir

Page 1