‹ Le gouvernement de soi-même (volume 2)Chapitre 78 sur 91 · I. Voyei note* volnmt P*ïén$, V* conféreno · texte numérisé non relu

I. Voyei note* volnmt P*ïén$, V* conféreno

«Là PASSION BONNE 257

ÎJk PASSION BONNE. — L'iDÉAL

La passion est bonne, avons-nous dit, quand elle va vers le bien, fallût-il lui sacrifier le plaisir. Elle est d'autant meilleure que le bien poursuivi est plus grand, correspond à une synthèse plus large et plus haute (p. 248 et suiv.). Cette synthèse est faite avec les réalités vivantes de l'être; le bien de cette synthèse est « ce qui lui convient », ce qui s'harmonise donc avec ses réalités et les accroît. Plus le bien grandit, par conséquent, et plus l'être se développe; plus il présente de réalité et d'harmonie, plus il est vrai.

Or l'idéal est précisément cette vérité-limite vers laquelle tend un être qui se développe harmonieusement (p. 253). Il est donc bien exact que la passion bonne tend vers l'idéal.

Toute passion bonne y tend, même k son insu; mais si elle vise droit à lui, elle fait mieux encore. Or elle le peut. On peut s'éprendre de passion pour l'idéal, d'autant plus qu'il est, par délinition même, le vrai, le beau, le bien, tout ce qu'on aime, à un degré qui dépasse toutes les expériences ;

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on peut, l'ayant bien choisi conforme à ses aptitudes et à sa destinée, l'aimer vraiment, en faire on permanence, non seulement le charme et l'admiration de sa pensée, mais encore le désir brûlant de son cœur; et comme le nautonier guide sa barque vers l'étoile qui brille au bout de l'horizon, on peut, sachant bien qu'on n'ira jamais jusqu'à lui, mais pour en approcher toujours, on peut jeter toute son âme, avec passion, vers l'idéal.

C'est de cette passion que je veux parler, pour en dire qu'elle est la grande force, le grand bienfait et la grande joie de la vie.

1° La grande force. — Toute passion est une grande force, nous en avons fait la preuve.

On pourrait craindre que l'idéal, ayant pris naissance dans les plus hautes régions de la pensée, ne s'y enferme et ne se trouve d'essence trop éthérée pour descendre dans l'organisme et l'ébranler en vue de l'action, mais « toute idée se développe par une évolution intime et par une

association avec les phénomènes psychologiques connexes » (p. 65 sq.). Plus que toute autre, l'idéal se développe ; car il est à un degré suprême l'idée substitut et l'idée cristallisante.

J'explique ces deux mots :

a) Quand l'idéal surgit dans une âme, ce n'est jamais par une sorte de génération spontanée. C'est à la suite d'expériences et de réflexions qui ont remué tout le meilleur fond de l'être, peut-

être â îa fin d'une retraite, toujours après une période de vie psychologique intense, où l'esprit a été saturé de lumière, le cœur d'émotions nobles, le vouloir de résolution et de force. Tout cela flotte dans la conscience, fragmenté, dispersé, un peu à l'état cahotique; tout à coup, comme si le firmament s'illuminait sans éteindre les étoiles, une idée brille vaste et profonde, enveloppant les autres. Elle contient dans sa lumière toutes les autres lumières; dans l'émotion qu'elle crée, toutes les autres émotions ; dans sa puissante attraction, tous les élans fragmentaires du vouloir : c'est l'idéal. Il se substitue à toutes les autres idées de même tendance, mais sans les détruire; il les englobe, il les relie, il les résume, fort par conséquent de toutes les forces additionnées et de la sienne propre qui les domine toutes. La conscience était pleine d'idées, l'idéal les coordonne et les dépasse. Le vouloir était plein de résolutions vaillantes; l'idéal les condense dans une seule, que l'idée fixe rendra toujours présente et que sa condensation elle-même rendra plus forte. Il est donc, si j'ose dire, une essence, un élixir, un consommé de toutes les idées nobles, de tous les élans généreux de la conscience. C'est ainsi qu'il se substitue à tout le reste pour en exprimer et pour en grandir toute l'énergie.

b) Mais après cela, il cristallise. Voici comment :

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Je suppose que, dans une masse liquide contenant divers corps dissous jusqu'à saturation, vous plongiez un cristal de même nature que l'un de ces corps, du sel gemme, par exemple. Il va se passer un phénomène étrange : de tous les points du liquide, les molécules de sel — et elles, seulement — viennent peu à peu, attirées par le cristal, s'agglomérer avec lui et agrandir ses dimensions en respectant ses formes géométriques. Si le liquide n'est pas assez calme, l'opération ne sera pas très complète, ni le cristal très régulier ; mais si le calme est suffisant, le cristal se développe à la perfection et jusqu'au bout, s'agrandissant de toutes les molécules de sel tout à l'heure disper-

Ainsi dans une conscience humaine, il y a de tout, des idées bonnes ou mauvaises, des désirs de toute provenance et de toute qualité; mais quand un idéal y plonge, surtout dans un calme prolongé, il cristallise peu à peu autour de lui tous les éléments de même tendance; tandis que les idées contraires restent à l'état de dissolution, pour ainsi dire, dispersées à travers la conscience, sans cohésion et sans force1.

Voilà pourquoi, si la résolution isolée s'évapore parfois à l'usage, celle qui s'enveloppe d'idéal et s'échauffe jusqu'à la passion grandit avec le

1. Nous empruntons cette image à M. Payot : l'Education dt S volonté, AlcftD, 1894, p. 94 et suit

temps. Nous parlons d'expérience. Il nous a été donné bien souvent, au contact des âmes, de recueillir à cet égard les confidences les plus démonstratives : « Vous rappelez-vous, en telle année, dans telle retraite, je pris telle résolution. Elle transforma toute ma vie; elle me fit voir clair et beau dans de vastes horizons. Je me disais que c'était trop beau et que le soleil s'éteindrait, un moment ou l'autre, laissant le ciel aussi sombre qu'autrefois. Vous nous assuriez qu'il n'en serait rien, que, si nous le voulions, nous arrêterions ce soleil; que notre résolution, loin de s'effriter, grandirait toujours. Nous ne pouvions pas le croire. Moi, du moins, je ne le croyais pas. Je tiens à vous dire que c'est vous qui aviez raison. Je sens ira résolution plus solide qu'au soir de la retraite, mon âme plus forte et mon cœur plus chaud. Vous parliez d'aimer l'idéal avec passion : c'est fait, et je sens que cet amour ne peut plus que grandir. »

De tels faits, nous ne pouvons qu'en témoigner, sans en fournir les références. Mais nous pouvons montrer qu'ils sont à prévoir, qu'ils sont normaux oartout où est la passion.

On sait que le sujet en hypnose présente, en général, de Vélectivité; quelles que soient les personnes présentes, les paroles qu'elles prononcent ou les pressions qu'elles exercent sur ses membres, il semble ne voir, n'entendre, ne sentir que som

hypnotiseur. On explique le fait en disant que toute l'attention de l'hypnotisé étant absorbée par l'hypnotiseur, il n'en reste plus à celui-là pour prendre conscience des phénomènes auxquels celui-ci n'est pas mêlé. Aussi l'électivité est-elle toujours en proportion du rapport magnétique, c'est-à-dire de l'influence de l'opérateur sur le sujet1.

Il est naturel que la passion, dans la mesure même où elle absorbe l'attention par l'idée fixe, produise le même résultat. La distraction légendaire des savants, qu'est-ce autre chose qu'une attention ardente à leur idée favorite, un phénomène d'électivité? Si Àrchimède avait mis moins de passion à sa recherche et à son Eurêka, il eût pensé à son costume. Parlez à l'avare de patriotisme, d'honneur, de dévouement, de littérature: il ne comprend pas, il n'entend pas; il va s'en-

1. « Les somnambules sont toujours ou presque toujours électives, telle est l'observation qui a été faite sans cesse depuis Mesmer et de Puységur. On entend par là que, dans cet état particulier du somnambulisme, les sujets ne ressentent pas indifféremment toutes les sensations, mais qu'ils semblent faire un choix parmi les différentes impressions qui tombent sur leur sens, pour percevoir celles-ci et non point celles-là, etc. » (P. Janet, Autorn. psych., p. 283 et suiv. ; — Cf. Névroses et Idées fixes, p. 424.) — Il est intéressant de noter que, « déjà dans le sommeil naturel, on trouve cette électivité à l'état rudimentaire : la mère endormie n'entend que son enfant, dont le moindre vagissement 1 éveille, alors que le bruit des voitures ou d'un train de chemin de fer ne trouble en rien son sommeil » (Grasset, le Psychisme inférieur, dans la Revue des Veux Mondes du 45 mars 19ÛS).

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dormir peut-être ; parlez-lui de quelqu'un qui a fait fortune, d'un coup de bourse ou d'une affaire: il a tout entendu, il a tout compris. Mettez entre les mains de plusieurs personnes le même journal, le même livre, le même catalogue de bibliothèque : si ces hommes sont des passionnés, ils ne liront pas la même chose, leurs yeux trouveront du premier coup le sujet ou le nom propre qui intéresse leur passion et ne remarqueront pas le reste. On dit que l'amour est aveugle. Oui et non. Aveugle sur ce qui ne l'intéresse pas, ou peut-être sur ce qui l'amoindrirait, oui; mais singulièrement perspicace sur ce qui le favorise. Combien de fois n'avez-vous pas eu l'occasion de le constater par vous-même en discutant avec un être passionné, et de sentir votre impuissance à lui faire voir autre chose que ce qu'il veut voir. Les raisonnements les plus simples et les plus limpides, les principes les plus évidents, les moins niables n'entrent pas dans son esprit, ou ils n'y entrent que pour y glisser comme l'eau claire sur du marbre, et pour en sortir. Ce sera tout à recommencer, dans la prochaine discussion. Tandis que les rabâchages les plus ineptes, les aphorismes de toute provenance, les on-dit des concierges, s'ils favorisent son dada, prennent la majesté des paroles d'évangile; les sophismes les plus grossiers revêtent «les splendeurs; à plu^ forte raison les moindres vraisemblances, les moindre** &rgu-

ments se pressent, se coagulent, se renouvellent» venant de tous les horizons et faisant masse. Et il n'est pas rare de voir des âmes simples s'élever en ces occasions jusqu'à l'éloquence, fût-ce à propos de murs mitoyens. 11 est probable que les juges de paix en ont fait souvent la remarque.

Phénomène d'électivité ou, si Ton veut, de cristallisation.

Seulement, alors que l'hystérique s'abandonne à son hypnotiseur par impuissance de se faire lui-même sa synthèse mentale ; alors que, dans la passion mauvaise, le passionné, poursuivant une fiction, se heurte aux réalités et ne peut se justifier à ses propres yeux qu'en se trompant avec des sophismes ; au contraire, celui qui s'éprend d'idéal, marchant dans la lumière et dans la force, sachant d'avance que, malgré tous les obstacles, la route est bonne et le but désirable, que toute vérité Téclaire de plus en plus et que tout élan noble y porte, fait acte de courage et de raison, de sagesse et de liberté en ouvrant toute son âme à l'idéal qu'il a choisi1.

Mais, si le geste est plus sage et plus beau, il n'est pas moins fort» Ce n'est pas le degré de

1. Dans les trois cas, s'applique la loi de dérivation dont nous aurons à parler dans nos théories secondaires : c'est parce qu'elle draine la vie h son profit, que l'idée dominante provoque sur le reste des amnésies et comme des ânes thé sies systématisées

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sagesse, mais le degré de passion qui mesura celui de la cristallisation ou de l'électivité.

Si l'amour de l'idéal va jusqu'à la passion, c'est donc bien, dans la conscience, non seulement une idée incarnée, riche et complexe, mais encore une idée substitut forte de l'addition de toutes les autres, et une idée cristallisante qui va servir de centre d'attraction, de point de ralliement à toutes les idées de même tendance, qui affaiblira les autres par l'isolement, ou même les éteindra peu à peu dans l'ombre de l'oubli et qui, en détruisant les obstacles, suscitera donc et exaltera, jusqu'à leur maximum, toutes les énergies de l'intelligence, du sentiment et du vouloir capables de concourir à son but.

L'idéal est par conséquent la grande force de la vie. Il en est aussi

2° Le grand bienfait. — Il tend à ruiner nos défauts et à nous amener à notre maximum de rendement.

a) « Toutes les fois qu'il y a un changement dans ce que l'on pourrait appeler l'orientation générale de l'esprit..., il se produit une sorte de scission d'autant plus marquée en général que le changement est plus fort1, »

!. Paulhan, Revue philosophique, !888, t. XXVT, p !26. L'auteur parle des menus faits de la vie courante, des rêves, des cas pathologiques, etc. ; mais le principe qu'il formule nous sembla &voir une portée générak,

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Or, quand l'idéal surgit dans une âme, c'est bien une orientation nouvelle ; et le changement peut être complet. Tel Paul, sur le chemin de Damas, tombe persécuteur et se relève apôtre. Cette histoire se renouvelle. Quel prêtre n'en a pas été le témoin? Après de longues résistances, après être allé très loin dans le vice, une âme est terrassée par la grâce. Elle se relève : « Quid me vis facereï Que voulez-vous que je fasse? » demande-t-elle à son tour. Elle interroge Dieu, elle écoute, elle regarde, elle attend. Tout d'un coup, l'idéal brille : c'est assez. Elle peut s'écrier comme Ratisbonne, à qui on demandait ce que lui avait dit l'apparition pour le convertir : « Elle ne m'a rien dit; mais j'ai tout compris. » L'âme a tout compris, et elle a tout voulu d'un grand et splendide vouloir. L'être intime a été bouleversé de fond en comble; les vieux préjugés, les vieilles passions, les vieilles lâchetés, les vieilles habitudes elles-mêmes, tout a été dissocié, aboli. C'est le phénomène de l'émotion profonde qui renverse toute la synthèse antérieure (p. 107-121) ; mais c'est l'idéal ici qui s'empare de la conscience bouleversée, puis la reforme à son usage, refait la synthèse à son profit; l'édifice mental n'est abattu que parce qu'il ne peut plus contenir la conscience élargie, que pour être rebâti plus vaste et plus beau. Et ce n'est point par distraction que nous avons parlé des vieilles habitudes abolies ; il

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semble qu'il n'en reste rien. L'idée nouvelle a été assez forte pour descendre d'un bond jusque dans l'organisme et y chasser tous les résidus des actes anciens. Sans doute, les psychologues nous disent qu'une habitude n'est chassée que par l'habitude contraire ; mais ils nous disent aussi que l'habitude nouvelle est en fonction du nombre et de X intensité des actes, et qu'un seul acte peut être assez intense pour la créer d'un coup, et donc pour en chasser une autre. Quoi qu'il en soit de l'explication, c'est un fait que certaines âmes emportées par l'idéal ne ressentent plus rien, jamais, des vieilles habitudes. « On dirait, s'écrient-elles, qu'il m'a enlevé tous mes sens. » Ou même la scission d'avec le passé a été assez complète pour qu'elles aient quelque peine à s'identifier avec ellesmêmes, à saisir la permanence de leur moi. Il leur semble sortir d'un cauchemar, et elles disent bien haut que du moins les vices du passé leur paraissent maintenant des monstruosités impossibles1.

Ces faits ne sont pas fréquents. Ils supposent une émotion profonde, une apparition de l'idéal subjugante, une vitalité intense, un don complet

1. Ainsi le» hypnotisés ne reconnaissent pas toujours l'identité de leur moi dans les différents états où les amène l'hypnose, ^'explication en est la même : c'est qu'il y a une systématisation entièrement différente de la conscience.

Seulement, au lieu qu'ils y arrivent par aboulie, par abandon de soi, par rétrécissement du champ de conscience, par manqua de vitalité, on y arrive, dans notre cas, par tes raisons contraire*.

de soi, et, comme le disait Lacordaire : « li n'y a que les magnanimes qui se donnent», et les magnanimes sont rares.

Mais, si les défauts périssent rarement d'un coup, par ce phénomène de scission, il est normal qu'ils dépérissent peu à peu par inanition, quand Fidéal s'est installé dans une âme.

La raison en est que les forces de l'être sont limitées et que, ce que l'idéal prend, les instincts opposés ne l'ont plus. Or, l'idéal tend, nous l'avons dit, à prendre tout. Toute passion est comme un grand arbre qui attire à lui tous les sucs de la terre et ruine la vie tout autour; c'est à peine si quelques sucs lui échappent, capables de nourrir de pâles herbes ou de frôles broussailles. 11 suffit que le jardinier passe de temps en temps et ratisse à fleur de terre, pour que cette vague végétation disparaisse. Ainsi de nous, si toutes nos pensées, tous nos désirs, tous nos élans, toutes nos préoccupations cherchent l'idéal ; nos défauts n'auront plus de sève pour grandir, et il suffira de quelque bonne volonté pour les arracher à mesure, et jeter au vent ces herbes folles.

Oh 1 sans doute, cette bonne volonté trouvera toujours son emploi, et nous ne voulons point dire qu'on pourra remonter au Paradis terrestre. Nous savons que, dans l'humanité présente, « le royaume des cieux souffre violence», ainsi que l'art de régner sur soi-même. Si ce n'était pas

une parole d'évangile1, ce n'en serait pas moins une vérité humaine. « Il faut que les rênes de l'effort tiennent constamment la tête haute à l'homme2. » C'est notre métier d'homme de dompter nos instincts et nos réflexes; et c'est leur métier à eux de ne pas se soucier du nôtre, de suivre leur loi sans souci de la loi de l'homme (p. 15, note), et l'expérience nous prouve qu'il est souvent nécessaire d'intervenir pour les réduire à leur rôle qui est de nous servir et non pas de nous dominer.

Mais ils ne sortent de ce rôle qu'en échappant à l'harmonie de l'ensemble, et à plus forte raison à la prise de l'idéal. J'en conclus que, si l'homme pouvait ne jamais fléchir dans son élan vers l'idéal, ses défauts n'en seraient pas seulement étiolés, mais anéantis; tout le suc dont ils vivent, ils le lui dérobent. Ils sont, en effet, comme le mot l'indique, des déficiences, des manques de coordination, des actes ou des tendances désharmonisés; tandis que l'idéal, c'est, par définition, l'harmonie, la coordination parfaite des parties avec le tout et du tout avec son destin, c'est-à-dire exactement le contraire de nos défauts. Ils ne peuvent donc exister que dans la mesure où l'idéal ne nous

i. Les exégètes, en effet, contestent le sens donné habituellement à ce passage de l'Evangile (Cf. Bainvel, Contre-senl bibliques, 1895, Lethielleux, p. 120 et suit.).

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