‹ Le gouvernement de soi-même (volume 2)Chapitre 81 sur 91 · L* CYCLE PSYCHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

L* CYCLE PSYCHOLOGIQUE

Peut-être, en résumant les impressions qui se dégagent de cette étude, pouvons-nous essayer maintenant de comprendre d'une façon plus précise certaines explications proposées, et d abord de répondre à une question que nous ayons rencontrée dès le début :

L'idée, qui est le signe et l'empreinte de l'objet sur le moi, qui nous présente et nous représente quelque chose, c'est bien quelque chose aussi, puisqu'elle joue un rôle. Qu'est-elle? et comment joue-t-elle son rôle? Nous avons vu qu'en même temps qu'elle nous montre un objet, elle nous incline à travers le sentiment vers un acte; e*t-ce par une activité qui lui est propre ou par une autre cause qu'elle suscite? Nous connaissons déjà /voyez p. &2 sqq.) la réponse pour le côté organique

âOé LE GOUVERNEMENT DE SOI-MÊME

du phénomène; mais nous voulons maintenant Tétreindre tout entier dans sa réalité vivante, et nous demander quels liens y unissent l'idée, le sentiment et l'acte.

Nous répondrons par une hypothèse qui nous paraît simplifier l'intelligence des faits, mais que nous proposons avec toutes les réserves de rigueur dans un sujet aussi délicat et aussi enveloppé de mystères.

L'idée, le sentiment et l'acte ne sont, croyonsnous, que des moments divers, des phases ou des faces d'un seul et même phénomène plus réel, en un sens, et plus profond, que nous appellerons, faute d'un meilleur terme, la réalité psychologique.

Tout être est fait pour un but (p. 69) ; il y tend par cette poussée de sa nature, c'est-à-dire de tout lui-même, qui s'appelle l'appétit (p. 233). Même chez le vivant, cet appétit est d'abord inconscient et aveugle. Tout aveugle qu'il est, il agit cependant, dès qu'il existe ; il est une réalité déjà, confondue avec la réalité même de l'être. Mais en agissant, il se concrète. L'être cherche le bien, son bien à lui, d'une certaine façon qui est à lui, par la mise en acte de ses énergies propres, à travers ses aptitudes (p. 233), par ses mouvements spontanés ou réflexes, par ses instincts. Il va, sous la poussée de nature, comme le ferait la plante ou le minéral. Sous cette poussée, les actes s'ajoutent aux actes, IWgairisme se développe, il

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