‹ Le gouvernement de soi-même (volume 2)Chapitre 85 sur 91 · ÉPROUVE · texte numérisé non relu

ÉPROUVE

>, celle de Pacte proprement dit, de !a tendance précise. "C'est là qu'il fallait aboutir. Biologiquement toute sensation doit linir dans un acte, nous l'avons expliqué (p. 82sqq.); ontologiquernent, nous ie savons aussi, les phénomènes psychologiques n'ont pas d'autre mission que de faire la mise au point de l'activité générale de la nature avec le bien particulier réalisable dans le moment, d'amener 1$ tendance d'abord confuse à se préciser (p. 71). Cette tendance a vu, avec l'idée, s'ouvrir plus ou moins large l'horizon où elle peut se diriger ; elle a, dans la phase du sentiment, reçu l'appoint ou subi le conflit des autres tendances préexistantes ; il y a maintenant une résultante qui se dégage de ees forces combinées, et qui va équilibrer de nouveau le système ou en disperser les éléments ; qui, en toute hypothèse, étant une force en acte, agit1. Elle reste psychologique, par définition, aussi longtemps qu'elle est consciente ; mais, dans la mesure même où elle est soudée à la matière, elle est dès lors semblable aux autres forces matérielles et ne relève plus que de la mécanique au point de vue des résultats ; dans la mesure où elle s'illumine encore de l'idée, où elle voit des issues diverses s'offrir comme possibles, elle reste libre, nous l'avons vu (p. 77, 297 sq), libre de modifier sa

1. Cet acte peut avoir pour but de provoquer une autre idée; et cette idée elle-même peut avoir pour objet soit une idée, soit Ha sentiment, soit un acte, aussi bien que toute autre chose.

propre direction ou de susciter une autre série de phénomènes, et ainsi, faisant surgir de la subconscience d'autres idées, de provoquer une nouvelle combinaison de tendances, laquelle sera capable, dans une certaine mesure, d'enrayer les forces mécaniques déjà déchaînées peut-être à travers l'organisme. En toute hypothèse, à partir du moment où l'activité mise en branle échappe à. la conscience, soit parce qu'elle se décharge dans l'acte visé1, soit parce que la conscience l'oublie et l'abandonne à la vitesse acquise, à ce moment la réalité psychologique proprement dite n'existe plus.

Ou plutôt elle n'est plus appelée proprement psychologique; mais « rien ne se perd », et elle existe encore dans la subconscience, peut-être identique à elle-même et continuant sa route, avec cette seule différence que la face idée ou sentiment s'est éteinte; peut-être dissociée, par le choc en retour de l'acte accompli, en ses éléments primitifs, transformée en des tendances confuses; peut-être, entre ces deux extrêmes, coordonnée en des systèmes plus ou moins réduits, mais qui, sous le nom d'association des idées, de souvenir, d'habitude, etc., pourront repasser à l'occasion le seuil de la conscience et constituer d'autres séries

4. Et Ion voit bien maintenant pourquoi une idée isolée dans la conscience, quand elle ne montre qu'un seul terme possible (p 121. note), aboutit fatalement à l'acte. Ne rencontrant pas d'autres forces, i! n 'y a pas d autre résultante qu'elle -uuê me &ve* aon intensité et »a direction propre».

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