J , 1, 108 et suiv
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être « la volupté de la souffrance », et donc un péché de volupté, Bz, un fonctionnaire obsédé par la peur de ne pas atteindre la retraite, se croit peut-être malade : s'il ne se soigne pas, il risque de mourir et de laisser les siens dans la misère ; s'il se soigne et néglige ses devoirs professionnels, il risque de nuire à son avancement ou de se faire mettre en disponibilité. X, qui vit seule avec sa sœur, voit des enfants s'amuser dans la rue, ou un ivrogne tituber sur le trottoir : qui sait si ces malheureux sont instruits de la morale et de la religion? Le plus sûr est de s'en charger et de les emmener chez elle. Mais elle est pauvre. Et puis, que dira sa sœur? Que diront les parents? Que dira le public? Et quel scandale ! A veut accuser tout ce qui peut être un péché, tout ! c'est le plus sûr. Mais qui sait si elle n'a pas fait des péchés exprès pour les dire? Et alors, si elle les dit, c'est peut-être un sacrilège ; et si elle ne les dit pas, c'en est un autre ; et lequel est le plus grand?
— « Le parfait ne me suffit pas, nous dit B ; il me faut le plus que parfait. » Hélas ! on aboutit à l'imparfait.
En résumé, de cet immense eSort pour dissiper « l'armée des doutes et des angoisses », rien ne réussit, ni les raisonnements, ni les conseils, ni les industries les plus diverses et les plus coûteuses, ni le parti le plus sûr. C'est toujours l'impuissance à saisir la certitude. Nous retrouvons là encore le fait capital que nous avons déjà signalé, à la fin du chapitre précédent; mais nous le trouvons
RÉSULTAT DES EFFORTS '. AGGRAVATION DU MAL Ci
confirmé. Cette impuissance éclate avec une évidence plus manifeste quand on la voit subsister après tous les procédés imaginables mis en œuvre pour réussir ; elle subsiste quel que soit l'effort dépensé, et aussi quels que soient l'obsession et l'obsédé. Elle doit donc tenir à quelque chose de profond et d'irréductible; non pas à une manière de penser ou d'agir, mais à une manière d'être que nulle industrie ne peut modifier et contre quoi toute liberté se brise. La théorie qui tentera d'expliquer l'obsession devra tenir compte de ce fait.
Les efforts de l'obsédé ne sont pas seulement stériles, ils aggravent le mal. L'impuissance foncière dont nous venons de parler, non seulement subsiste, mais grandit par l' effort môme qui tente de la supprimer. Nous avons déjà vu la certitude se faire toujours plus lointaine et les doutes s'accumuler en proportion de la violence avec laquelle on s'acharne contre eux ; mais il y a trois conséquences encore qu'il nous faut signaler pour montrer mieux à quel point de tels remèdes ne font qu'empirer le mal. Ils renforcent l'association des idées morbides, et ils poussent la maladie à son comble avec la tendance à l'hallucination et l'impulsion aux actes redoutés.
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On a déjà pressenti, par les exemples rapportés, et notamment tout à l'heure par celui de Z, le rôle considérable et encombrant que joue l'association des idées. À l'état normal, le moi tend vers l'unité par une poussée tranquille et profonde venant de tendances éprouvées déjà et harmonisées, encadrées par des habitudes solides ; s'il garde son orientation, il renouvelle incessamment le contact avec la réalité concrète en incorporant à mesure les phénomènes de la vie courante; tout se tient et se coordonne; les associations automatiques d'images et de souvenirs n'ont chance de se développer que si elles engrènent avec le mouvement d'une telle conscience ; celles qui en troubleraient l'harmonie ne peuvent pas tenir contre cette masse cohérente, le bon sens les condamne et les dissocie immédiatement ou bien il les repousse dans l'ombre où bientôt elles s'évanouissent.
Mais tous ces modérateurs manquent à l'obsédé. Le moi est inquiet, instable, affolé; l'activité pratique, physique ou intellectuelle, est molle ou distraite, l'attention étant occupée à se débattre contre « l'armée des doutes » et s'épuisant dans l'effort. Les associations se précipitent sans rencontrer d'obstacle et s'accélèrent de leur propre mouvement comme des avalanches.
Mais il y a pis. Loin de les retenir, l'obsédé, à son insu, les déchaîne et tes dirige vers le point sensible. Chez l'hystérique aussi, la correction apportée par l'activité normale et par la maîtrise du moi fait défaut; mais, si l'association se développe sans obstacle, du moins tout n'est pas également capable
de la provoquer. Un crayon pourra bien donner à l'hystérique l'idée d'écrire môme une fausse accusation ; mais un arbre ne la lui donnera pas. Tandis que tout objet, toute parole, toute action., toute pensée, toute image peut, chez les obsédés, susciter une association ou une cascade d'associations avec leur idée obsédante. M. Janet, qui fait cette remarque, ajoute très judicieusement que l'association desidées chez eux ne provient pas uniquement des circonstances objectives, ni de l'automatisme des images, mais d'une certaine intention secrète. C'est « une association cherchée et construite actuellement par le sujet x ».
Elle est « cherchée et construite » en vertu de la constitution même de l'idée obsédante telle que nous l'avons expliquée. L'amour de la majeure impose l'angoisse de la mineure. Le malade, craignant pour son amour, interroge anxieusement tout phénomène qui passe pour savoir s'il n'en surgira rien de menaçant*. Il est fatal que, dans cet état d'esprit, il sur-
2. On peut appliquer ici les réflexions que fait M. Boutroux au sujet de Y invention mathématique (dans le Bulletin de Y Institut Général Psychologique mai-juin 1008, p. 184 sqq.) : Parmi tout ce qui s'agite confusément [dans la conscience et] dans la subconscience, le sentiment de peur de l'obsédé accroche, met en saillie, exaKe tout ce qui l'intéresse comme la sensibilité du savant ou de l'artiste trie et harmonise tout ce qui flatte son rêve. — Et l'obsédé prend tout au sérieux, parce que si « on croit volontiers ce qu'on désire, on croit [aussi] facilement ce qu'on redoute; l'objet désiré ou redouté — doctrines ou faits — intéresse trop directement notre action pour que nous ne soyons pas tentés d'en tenir compte comme d'un objet réel. » (J. Marchand, S. J., A propos du sentiment de présence, Louvain, Fr. etRob. Geuterick, 1909, p. 41.)
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gisse quelque chose. On peut toujours, sur un phénomène quelconque, greffer une association d'idées. Si on n'en trouve point par analogie, on en trouvera par contraste. Et, de fait, les associations par contraste foisonnent chez les obsédés : Ils veulent dire une prière et c'est un blasphème qui surgit; maudire le diable, et ils maudissent Dieu ; et ils sont épouvantés d'entendre leur parole intérieure, et parfois celle de leurs lèvres, dire le contraire de leur pensée, ou leur pensée exprimer le contraire de leurs désirs1. Par contraste ou par analogie, les associations s'accumulent donc autour de l'idée obsédante et dansent une sarabande folle. Peu à peu elles entraînent tout dans leur tourbillon. « Pas une pensée, dit A, pas une parole qui, par analyse, association ou substitution, ne fasse surgir un nouveau scrupule... Je ne puis plus entendre prononcer mon nom sans tressaillir, ni lire ou entendre les mots de mortification, humilité [suit toute une liste]... Je ne puis plus voir la couleur rouge, ni sentir le moindre contact,... ni faire une prière dans une pièce où il y a une statue, parfaitement convenable, mais qui m'en rappelle d'autres, convenables aussi », mais pas assez pour qu'on prie devant elles. « Tout cela est beaucoup plus embrouillé que je ne puis vous le dire, et il y a
1. Une observation parmi une multitude : « Mes périodes de calme moral, de paix religieuse correspondent avec les époques où je m'occupe le moins de religion. Au contraire, lorsque j'assiste à des sermons, à dos conférences, lorsque je fais des lectures sérieuses, il se déchaîne en moi une véritable trombe d'objections, de doutes ; j'en suis constamment préoccupée et obsédée. C'est d'un illogisme navrant. » Témoignage de M. Cet illogisme a toui de incme sa logique, dans un obsédé.
d'autres raisons que les raisons apparentes (des associations) qui donnent de l'unité à ces choses et les groupent entre elles... J'en ai collectionné une centaine de variétés intimement liées ensemble, se concentrant sur la même chose et se rattachant à une seule personne. »
Et les obsessions, en se faisant plus étendues, se font plus troublantes aussi. A la suite de l'ébranlement de la conscience et de l'épuisement cérébral amenés par les efforts que nous avons dits et surtout par le tumulte incessant de ces associations qui n'épargnent plus rien, ridée du mal se confond de plus en plus avec l'intention. Tombant dans cette conscience épuisée et anarchique, elle s'y maintient au moins quelques instants toute vive, avant que les idées contraires aient pu se ressaisir pour la joindre et la combattre, et ainsi elle a eu le temps d apparaître comme une idée acceptée peut-être, comme une intention perverse mêlée aux actes les meilleurs et qui accrédite des doutes angoissants jusque sur les occasions où la conduite extérieure était le plus manifestement irréprochable. C'est par là surtout, par cette confusion que le débordement des associations folles provoque bientôt entre l'idée et l'intention du mal, c'est par cette dernière secousse que l'obsédé perd complètement l'équilibre, qu'il ne peut plus maîtriser les doutes les plus invraisemblables; et il en arrive, comme Bn, un garçon intelligent, qui fut, nous dit on, « très brillant dans ses classes », et qui, en face d'un acte quelconque, fut-ce une prière à réciier, s'écrie : « Je ne peux pas : c'est mal! »
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Tout y a passé. Par les associations cherchées et construites entre les objets ou les actes les plus innocents et les idées les plus perverses, entre les idées et les intentions, tout est entaché, tout apparaît comme impossible ou défendu.
Mais, si navrant et complet que soit le résultat, nous le comprenons. 11 est fatal que les efforts violents du malade, en supprimant de plus en plus les corrections normales, en fixant de plus en plus l'attention, en multipliant de plus en plus ses interrogations inquiètes, doivent augmenter, loin de l'amoindrir, le nombre, l'étendue et le danger des associations d'idées qui le torturent. De sorte que, sur ce point, en constatant le fait, nous voyons aussi le pourquoi, et, de ce chef, aucun problème nouveau ne se pose.
Au contraire, les deux faits qu'il reste à signaler — hallucination et impulsion — vont poser deux nouveaux points d'interrogation auxquels la théorie devra répondre.
Mais il faut constater d abord que ces deux faits ne se présentent pas avec la même fréquence que le déchaînement des associations d'idées. Celui-ci est fatal, dès que l'obsession n'est pas combattue; ceuxlà sont assez rares, même chez les malades les plus avancés. B, par exemple, qui a tant souffert, nous affirme ne les avoir jamais expérimentés, pas même à l'état d'ébauche : tout se passe dans des combinaisons d'idées abstraites, dans des raisonnements fous el à perte de vue superposés aux sensations cou-
rantes. Et son cas est loin d'être exceptionnel. L'hallucination et l'impulsion peuvent donc intervenir, l'expérience le prouve et nous allons bientôt le voir; mais elles peuvent faire défaut, même quand l'idée obsédante développe ses conséquences à travers les plus longues crises.
Il faut constater encore que, là où elles se rencontrent, elles nous sont déjà en partie explicables.
Dès le début, l'idée obsédante se présente, avonsnous dit, sous forme parasite, étrangère, et tend à dissocier la conscience. A mesure que l'attention se concentre sur elle, le phénomène se fortifie, le parasite s'enfonce de plus en plus dans le moi normal et se nourrit à ses dépens.
De la sorte, il devient peu à peu le plus fort, il constitue un simulacre de moi séparé et se gouvernant à sa guise. De plus en plus, ses affirmations échappent donc à la critique du bon sens et se donnent pour des réalités. C'est l'hallucination. F, par exemple, voit un noyé, dans tout objet entraîné par Je fleuve, un ivrogne prêt à tomber dans tout homme d'allure un peu hésitante sur le trottoir; mais surtout il voit des hosties ou des parcelles d'hostie dans tout ce qui est blanc, sur ses habits, sur les personnes qui ont communié, au milieu des chemins, notamment aux environs de l'église, partout. 11 lui a déjà été dit d'une façon générale que seules, pour lui, les évidences comptent. Il affirme qu'il en a l'évidence, qu'il les voit et les distingue à l'égal des autres objets dont il ne peut nier l'existence. Je réponds alors, crovant le calmer par cette
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solution... large, qu'en ce qui concerne les hosties, il ne devra s'en préoccuper que s'il en trouve un monceau ayant un mètre d'épaisseur. Il revient affolé. Il en a vu. « Oh ! Il n'y en avait pas un mètre, non; mais elles étaient humectées peut-être, et si elles avaient été en leur état habituel, qui sait s'il n'y en aurait pas eu un mètre de haut? — Vous attendrez qu'il y en ait une couche faisant le tour de la terre et montant de fait jusqu'à la lune. — Cela veut-il dire que jamais, en aucune circonstance, et quoi qu'il arrive, je ne dois m'en préoccuper? — Evidemment! » Il se fait alors un raisonnement métaphysique pour se prouver que j'ai bien le droit de lui donner cette direction, et il part à peu près décidé. Mais il voit toujours des hosties partout, et pour le contraindre à passer outre, j'ai dû le menacer de lui refuser l'absolution, s'il en disait un mot. Cette menace a fait meilleur effet que sa métaphysique. — On m'a parlé d'une femme qui affirme avoir rejeté avec mépris l'hostie de sa communion. On l'a fait suivre, elle n'a pas mis les pieds à l'église, et, ce jour-là comme les autres, elle réitère sa déclaration. — D'autres entendent des voix qui leur disent : « Tues damné ». — D'autres sentent un ver qui ronge leur cerveau. — N nous dit être morte et enterrée, mais cependant vivante, de manière à souffrir à la fois la mort et la vie. « Expliquez si vous pouvez; moi, je ne puis pas; mais cela est, je le sens. »
Voilà bien des hallucinations.
Cepeadant, si on y regarde de près — c'est ce que
M. Janet n'a pas manqué de faire, — ces hallucinations nous deviennent suspectes. Elles ne ressemblent guère à celles des hystériques, qui sont franches, | nettes, complexes, achevées. Celles du scrupuleux, au contraire, sont imprécises, pauvres, hésitantes ; elles manquent de couleurs : « C'est comme si je voyais », disent-ils parfois; « c'est un peu vague, et j'ai besoin de dessiner l'image pour m'en rendre compte. » Le ver est senti dans la tête, mais ils ne savent pas bien où le localiser; et parfois il est dans la gorge ou dans la poitrine. La plupart du temps, ce qu'ils disent voir, entendre ou sentir, n'est qu'un symbole exprimant leurs angoisses. Enfin et surtout, ces hallucinations ne se développent pas jusqu'à leur complet achèvement. Si l'on suggère à l'hystérique qu'elle voit un serpent, tous les éléments de cette idée s'agglomèrent dans sa conscience avec une parfaite cohésion, elle peut décrire la forme du serpent, sa taille, sa tête, ses mouvements; elle l'entend siffler, elle le voit venir, elle le fuit, elle se comporte comme s'il était réel. L'obsédé a toujours envie de mieux examiner pour se rendre compte; en attendant, il hésite à se conduire franchement en conséquence, et, bien au fond, si, sans avoir l'air de le contredire, on arrive à scruter sa pensée intime, on s'aperçoit qu'il n'est pas pleinement convaincu1. F, qui voit des hosties partout, s'exprime ainsidanssonménioire : «Dans les corpuscules blancs que j'aperçois, )Qp?*essens, non
1. Voyez J., I, 10, 50, ~3, 85, 94, 120, 314. Voir aussi, du même auteur, Névroses et idées fixes, Paris, Alean, 1898, t. I, pp. 1$, 216 et chap. iv.
sans quelque raison, des parcelles possibles d'hostie consacrée. » Il aurait sans doute été plus aifirrnatif dans une confession ; moins troublé dans une confidence à portée purement théorique, il a mieux saisi la réalité de son impression et Ton voit qu'elle est loin d'une conviction absolue. A notre avis, ce défaut de conviction absolue est un indice capital, On le rencontre toujours, si on le cherche bien; et, en face des cas graves où Ton hésite pour savoir si Ton n'a pas affaire à une folie caractérisée et définitive, le meilleur moyen et le plus rapide de se faire une opinion, c'est de constater si le malade croit, d'une conviction plénière, à la réalité de ses images hallucinatoires.
Mais voilà précisément le problème qui se pose et qu'il faudra plus tard résoudre : Nous voyons bien pourquoi le développement de l'idée obsédante peut aller jusqu'à l'hallucination; il faudra dire pourquoi cette hallucination ne se développe pas, comme chez l'hystérique, jusqu'au bout.
L'impulsion aux actes redoutés va nous conduire à des conclusions analogues.
D'abord, c'est un fait que l'obsédé qui, dès le début, sent des doutes, des peurs, menacer ce qu'il aime le plus, finit souvent par se sentir poussé à réaliser luimême ces peurs. — Une mère de famille nous demande, un jour, ce qu'il faut penser de son fils, un jeune homme très pieux et de conduite exemplaire, qui déclare souvent d'un ton résolu qu'il va se faire iranc-maçon. « Il faut en penser, lui disons-nous, que
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ce jeune homme est un scrupuleux et qu'il a en horreur la franc-maçonnerie. » Et nous eûmes bientôt l'occasion de le constater. On trouve aussi beaucoup de personnes très attachées à la vie et qui s'accuseront assidûment, si on les laisse faire, de vouloir se suicider Les êtres les plus effarouchés de l'injustice se sentent enclins à voler ou à tuer. Les mères, cela va sans dire, veulent tuer leurs enfants. « Dans une conférence que je faisais récemment à la Salpêtrière, dit M. Janet, j'avais pu réunir cinq mères de famille répétant toutes, en pleurant, exactement la môme chose ; que quelque chose les poussait à frapper leurs petits enfants avec un couteau pointu1. » — « Pourquoi ne songez-vous pas à en faire autant à votre mari? dit-on à Tune d'elles. — Oh! mon mari, je ne l'aime pas assez pour cela », répond-elle en riant 2.
C'est donc surtout contre ce qu'il aime le plus que le malade se sent poussé par cette force bizarre qui est en lui et qu'il ne veut pas.
Cette impulsion peut prendre une forme négative. Claire, qui est très pieuse, se sent poussée à manquer la messe, à ne pas faire ses pâques. « Il lui suffit de penser qu'une action est bonne, pour qu'elle ait une impulsion violente à ne pas la faire3 ».
Si bizarres que soient ces phénomènes, l'explication en est facile. Nous avons vu que c'est l'idée du mal redouté qui obsède le malade, et nous savons d'ail-