‹ Le gouvernement de soi-mêmeChapitre 19 sur 93 · J., I, 18 et suiv · texte numérisé non relu

J., I, 18 et suiv

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leurs que toute idée incline à l'acte1. Dans l'homme normal, l'idée qui s'oppose au bon sens ou au vouloir délibéré est immédiatement contredite et éliminée du moi. Chez l'obsédé, elle rencontre un moi affaibli, dissocié par le parasitisme de ridée obsédante. Cette dissociation est encore aggravée par une émotion de peur qui provoque plus ou moins ce phénomène de vertige moral dont nous avons ailleurs décrit le mécanisme2. Ainsi se comprend une fois de plus que l'idée de l'acte redouté se maintienne un instant très vive dans la conscience obsédée et, par suite, actionne les nerfs. S'il s agit d'un acte très simple et dont la réalisation n'exige qu'un instant très court, il se déclenchera donc automatiquement : c'est ce qui arrive, par exemple, dans la peur brusque de dire un blasphème et qui le fait jaillir des lèvres, de regarder tel objet ou telle personne dans la rue, et qui oriente immédiatement de ce côté le regard. Bn, qui a le désir d'entrer dans les ordres, a une peur horrible de joindre le pouce et l'index, parce qu'il s'imagine que, par ce geste, il consacre peutêtre tous tes objets du voisinage, ce qui naturellement complique beaucoup sa vie; mais, naturellement encore, plus il a peur, plus il répète le geste fatal.

Toutefois, si ces petites impulsions aboutissent avant que la conscience ait eu le temps de se ressaisir, l'expérience prouve que, dès que l'action est

1. Voyez Le Gouvernement de soi-même, Première série, premier principe.

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