Iàid.} premier principe, ch. ni, G. et
un peu compliquée, dès qu'elle demande la combinaison de moyens à disposer en vue du résultat, alors ces prétendues impulsions irrésistibles ne vont jamais jusqu'au bout. Il y a bien une ébauche d'exécution sous la poussée de l'idée trop vive, ou des paroles ardentes déclarant la décision prise ; mais le geste ne va pas plus loin. Le jeune homme de tout à l'heure ne s'est pas fait fran( maçon; ces voleurs ne volent pas; ces assassins ne tuent personne; ces mères saisissent bien leur couteau pointu, mais elles le lâchent vite; ces suicidés perpétuels arrivent bien à pendre la corde, mais ne vont pas jusqu'à s'y mettre au bout, à moins peut-être qu'il n'y ait quelqu'un à côté pour les détacher à temps. On en cite un1 qui avala du chloroforme, mais après avoir pris le soin de téléphoner d'abord à sa famille et à son médecin, qui, naturellement, accoururent et le tirèrent d'embarras, à son grand plaisir.
En somme, il y a une impulsion, un ébranlement nerveux; sous le choc, on peut voir un commencement d'action; mais l'action, pour peu qu'elle soit compliquée, et si fatale qu'elle paraisse, tourne court, à peineàmoitiéchemin, comme ressaisie par la liberté. Elle s'arrête précisément quand cela deviendrait sérieux. Si parfois elle aboutit, il y a lieu d'examiner le cas de plus près, et Ton verra sans doute qu'il ne s'agit plus d'un obsédé, mais d'une autre catégorie de malades, ou que du moins « l'obsession n'est pus pure », qu il « s'y joint un autre l'acteur, tel que :
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dégénérescence marquée, affaiblissement intellectuel, intoxication alcoolique, morphinique ou autre, idée délirante, contagion par l'exemple ou les journaux, » etc. S
On peut admettre comme une règle qu'en fait les obsédés ne réalisent pas leurs impulsions soi-disant irrésistibles; mais qu'ils s'arrêtent court à partir du moment où ils sentent que l'acte risquerait vraiment de compromettre leur tendance préférée1. Il faudra, dans la théorie, indiquer le pourquoi.
En résumé, les fait3 passés en revue dans cet article et qui constituent, non plus les éléments essentiels de l'idée obsédante, mais son excroissance spontanée, son développement normal, ces faits, disonsnous, ne mettent pas seulement en relief l'impuissance absolue de l'obsédé à se débarrasser par lui-même de son obsession ; mais ils nous montrent encore que son effort ne fait qu'aggraver le mal : tous les caractères morbides et douloureux de l'obsession s'en trouvent exaspérés, et en particulier l'affolement grandit avec l'association des idées, tandis
4. P. et R., 116. — J. (1, 75-85) admet deg conclusions analogues après avoir discuté les objections que semblent présenter quelques cas spéciaux.
2. Seulement or certains malades se trompent; ils considèrent l'acte comme peu important, peu dangereux ; ils se figurent ne faire qu'un geste, qu'un début de l'action-, et, sans s'en douter, ils font des choses beaucoup plus graves qu'ils ne le supposent. Je songe en particulier aux jeunes filles qui refusent de manger, qui s'imposent des régimes absurdes, de peur que leur poitrine ne sa développe ou que leur nez ne rougisse. » (P. Janet, Névroses, 3G.) Restriction facile à comprendre, et remarque très pratique.
que l'idée-lixe va jusqu'à l'hallucination, et la peur jusqu'à l'impulsion.
La plupart de ces faits ont été expliqués chemin faisant; mais iLreste, comme résidu de cet article, trois problèmes nouveaux : Pourquoi l'effort de l'obsédé est-il, non plus seulement stérile, mais nuisible? Pourquoi chez lui l'hallucination et pourquoi l'impulsion ne vont-elles pas jusqu'au bout?