‹ Le gouvernement de soi-mêmeChapitre 22 sur 93 · LA DÉGRADATION DB L'IDÉE OBSÉDANTE · texte numérisé non relu

LA DÉGRADATION DB L'IDÉE OBSÉDANTE

lettres à l'alphabet? Pourquoi les arbres sont-ils toujours verts? Comment arrivera telle chose? Comment y verrait-on si on n'avait pas d'yeux? Et ainsi de suite à l'infini.

Au-dessous des manies intellectuelles, viennent les innombrables phobies, ou peurs folles, de toute nature1.

L'inquiétude, qui accompagne toujours l'idée obsédante, peut, quand celle-ci défaille, s'accélérer comme un engrenage qui tourne avide, et, en vertu d'une association d'idées fortuite, elle engrène avec un objet, un acte ou une manière d'être quelconque. La peur est en permanence, et elle se prend à ce qui passe.

Ou même, elle semble parfois aller chercher bien loin où se prendre. F..., par exemple, parti de l'obsession des chiens enragés, a la phobie de son cabinet de travail. Où sont les intermédiaires? Les voici! Sa femme est entrée dans son cabinet en portant une robe qu'elle avait quand elle traversait la place de la Concorde, laquelle place de la Concorde lui paraît le rendez-vous habituel des chiens enragés2. Pourquoi la phobie a-t-elle épargné les autres pièces où a dû passer cette robe ? Mystère de l'association des idées. Telle autre a la phobie de la salade. Pourquoi? Parce qu'elle a été émue par le spectacle d'un incendie dans la rade de Bordeaux où brûlait un navire chargé de pétrole : à la suite de quoi, elle a eu peur du pétrole,

1. J., I, 234, les groupe sous cinquante titres, sans prétendre en épuiser la liste.

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