II, H
i 14 l'obsession et le scrupule
essayé de découvrir dans les obsédés ce qu'on appelle les « stigmates de la dégénérescence ». Du moins, on les a trouvé» si insignifiants ou si rares qu'il n'est pas possible d'en faire état dans l'explication de la maladie; et il faut conclure, avec le professeur Raymond, que « rien ne nous permet actuellement d'admettre des altérations anatomiques comme point de départ des accidents, quoique bien probablement il y ait à la base de la psychonévrose une construction cérébrale défectueuse * ». Mais cette défectuosité probable, nous la conjecturons, nous ne la constatons pas.
Nous pouvons cependant constater, sinon des malformations de l'organisme, du moins un mauvais fonctionnement; sinon des tares, du moins, ici encore, des insuffisances.
Elles se ramènent, non pas toujours, mais habituellement aux symptômes de la neurasthénie.
Nous entendons par neurasthénie l'asthénie ou faiblesse nerveuse. C'est le sens étymologique, c'est celui que Charcot avait donné à ce vocable et que Ton tend à lui restituer de nos jours. La neurasthénie se caractérise donc essentiellement « par une diminution générale de la tension nerveuse et par une disposition marquée à la fatigue, rendant tout effort pénibleou même impossible 2 ». Ce dernier caractère, qui est apparent, trahit l'existence de l'autre qui est
1. Névr. et Psychon., 97. Il ajoute, à la page suivante : « A l'heure présente, on ne peut que supposer un trouble dynamique, et une explication psychologique reste seule possible ».