‹ Le gouvernement de soi-mêmeChapitre 36 sur 93 · F. Raymond, ouvr. cité · texte numérisé non relu

F. Raymond, ouvr. cité

3. Baumgarten, ouvr. cité, 259, aboutit à des conclusions analogues. « Déchéance des capacités, déchéance de l'énergie et des facultés réactives du système nerveux, telle est la disposition à la neurasthénie »; et aussi à l'obsession.

LES ANTÉCÉDENTS DE l'oBSÉDS 129

Plus le terrain est favorable ; en d'autres termes, plus les antécédents sont graves, et plus les circonstances déterminantes peuvent être banales. Mais on peut dire qu'elles ont toutes pour caractère commun de mettre le sujet en face d'un effort exceptionnel.

Voilà pourquoi cette maladie peut apparaître à tout âge et en toute circonstance, quand l'équilibre se rompt entre la force disponible et le besoin ; mais voilà aussi pourquoi elle n'apparaît guère dans la première enfance, où les besoins exceptionnels n'existent généralement pas; ni dans l'extrême vieillesse, où ils n'existent généralement plus. Les tableaux dressés par MM. Pitres et Régis et par M. Janet s'accordent à montrer que c'est entre vingt-six et trente ans que les malades recourent en plus grand nombre au médecin.

Il serait intéressant de savoir l'âge réel du début. MM. Pitres et Régis, ayant interrogé leurs malades surl'âge auquel ont commencé leurs « préoccupations anxieuses », cent d'entre eux ont fourni une réponse précise. Or, il se trouve, d'après ces réponses, que « dans plus de la moitié des cas, les obsessions surviennent dans l'enfance et l'adolescence, et, dans plus des trois quarts des cas, avant la fin de la trentième année * ».

1. P. et R., 217. — Voici le tableau dans lequel ils établissent le résultat de leur enquête :

El. 9

La plus forte période est de onze à quinze ans, c'est îa période où se placent la première communion et la puberté. La première communion est en général pour l'enfant le premier grand effort qu'il rencontre à faire et c'est pour cela qu'elle est souvent, pour les prédisposés, le point de départ de l'obsession, Quant à la puberté « tous les auteurs sont d'accord pour admettre [son] énorme influence », et « il ne faut pas tenir compte uniquement de la puberté physique, mais... aussi de la puberté morale, qui se produit un peu plus tard *. » C est, en eB'et, une époque où la croissance physique et l'adaptation de la vie morale imposent une dépense de forces considérable, une activité vitale très supérieure à celle qui avait suffi jusqu'alors. Le péril sera d'autant plus grand que cette double puberté physique et morale se produira d'une manière plus rapide et que les bons conseils feront davantage défaut.

Hommes. Femmes. Totaux.

De 5 à 10 ans .

De 11 à 15 ans

De 16 à 20 ans

De 21 à 25 ans

De 26 à 30 ans. ......

De 31 à 35 ans

De 36 à 40 ans. ...

De 41 à 45 ans. ......

De 46 à 50 ans

De 51 à 55 ans

De 56 à 60 ans. ,.,...

ïl ne iaut pas perdre de vue que ce sont les grands malades qui vont aux cliniques, et donc les plus gravement prédisposés. Dans l'ensemble, les débuts doivent être moins précoces que ne l'indiquerait ce ta!>k<.<i

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