i., I, 017 sqq. ; cf. R. et J., H, préface, X
LES ANTî-atp nts de l'obséda 131
Le choix d'une carrière, le problème dç la vocation, les fiançailles, surtout chez les jeunes filles : autant d'occasions encore où il faut fournir un travail psychologique énorme et où bien souvent les prédisposes rencontrent le début de leur obsession.
lien sera de môme dans les circonstances où brusquementla vie se complique : changement de situation ou de fortune, crises de croyances ou de cœur, difficultés professionnelles. Un examen à passer, l'ennui delà moindre adaptation nouvelle peut suffire, là où le terrain est le plus favorable, surtout si le fait coïncide avec une émotion ou une maladie, avec un abaissement quelconque d'énergie vitale. M. Janet signale des cas où il a suffi d'un changement de domestiques, d'une plaisanterie déplacée, d'une menace, d'une mauvaise lecture, etc. *.
Il en va de même, une fois la maladie déclarée, pour le retour des crises. C'est toujours un effort à faire qui les déchaîne à nouveau ; mais cet effort peut être d'autant plus insignifiant que les antécédents ont mieux préparé le terrain, surtout quand il coïncide avec une émotion ou un malaise, avec une cause déprimante quelconque ; la période de la digestion, par exemple, est dangereuse pour les grands malades, ou la fatigue laissée par une mauvaise nuit. « Wye remarque qu'il a toujours perdu sa confiance à deux heures et qu'il la reprend à cinq heures * ». « Après une mauvaise nuit, nous dit A, dès que ja suis plus souffrante, je sens un malaise indéfinissable,
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des inquiétudes qui se réveillent, un vieux levain qui s'agite. Il suffirait d'un mot déplacé ou d'un conseil maladroit pour me replonger clans l'abîme ».
Ainsi, qu'il s'agisse des obsédés constitutionnels ou d'occasion, qu'il s'agisse de Téclosion de la maladie ou du retour des crises, nous pouvons conclure que le phénomène coïncide avec une certaine dépression de force ou une certaine augmentation de besoins. Plus le capital de vie est considérable, plus la dépense doit elre grande pour laisser apparaître cette misère vitale, cette « insuffisance » que constitue l'obsession ; et inversement, plus les antécédents du sujet ont amoindri son capital, plus il pourra suffire de la moindre dépense surérogatoire pour le mettre en faillite.
Nous avons achevé l'analyse des faits ; il faut maintenant exposer la théorie qui en présentera la synthèse. A la fin de chacun des chapitres précédents, après avoir confronté les faits les uns avec les autres, nous avons trouvé un résidu que l'analyse ne pouvait pas résoudre : Pourquoi l'idée obsédante porte-t-elle spécialement sur la tendance préférée? Pourquoi tout effort pour étreindre la certitude est-il, non seulement stérile, mais nuisible? Pourquoi, sous cet effort, le phénomène finit-il par se dégrader et aboutir à des agitations vaines, absurdes et douloureuses ? Pourquoi l'obsédé se dit-il imprégné, dans toute son activité vitale, par un sentiment d'impuissance et d'inachèvement? Pourquoi cette inadaptation dans certains actes, cette insuffisance réelle
qu'on observe dans sa vitalité psychologique et physiologique? Pourquoi enfin la maladie de l'obsession et les crises qui l'entrecoupent paraissent-elles en fonction d'un abaissement de forces et d'un accroissement de besoins?
C'est à tous ces pourquoi que la théorie devra répondre»