‹ Le gouvernement de soi-mêmeChapitre 38 sur 93 · EXPOSÉ DE LA THÉORIE · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DE LA THÉORIE

Première ébauche de la théorie. — Son exposé précis repose sur deux hypothèses :

I. La tension psychologique. — Notion sommaire. — Essai de précision : la théorie de l'Energétique; réserves à faire. — L'énergie vitale est une puissance d'unification. — Le degré de cette unification exprime la tension vitale, que nous appelons psychologique quand elle rend possibles les actes conscients. — Les oscillations de la tension vitale : elle est en raison inverse de la quantité du travail ; et en raison directe de la vie en acte.

IL La uiérakchie psychologique. — Elle doit s'établir au point de vue de la difficulté relative des actes à exécuter. — Echelle proposée par M. Janet. — Additions et précisions nécessaires. — La complexité de l'acte constitue l'élément principal delà difficulté.

Comment ces deux hypothèses suffisent à la théorie.

A mesure que les faits nous posaient les questions que nous venons de rappeler, ils semblaient de plus en plus nous suggérer la réponse.

Reprenons, pour un instant, la comparaison qui

136 l'obsession et le scrupule

est déjà venue sous notre plume : Voici des orgues qui se présentent bien ; les tuyaux, les claviers, la soufflerie, tout paraît en bon état; vérification faite, elles sont accordées ; c'est un artiste qui en joue ; et cependant la musique est détestable. Il y a des touches qui ne rendent aucun son ; sur d'autres notes, le son part, puis faiblit ou s'arrête court. En y regardant de plus près, on voit que tant qu'on égrène une à une les notes les plus basses, tout se passe bien ; mais si Ton en vient aux notes aiguës qui exigent plus de pression, surtout si l'on ouvre les grands jeux et qu'on multiplie les accords, le souffle rapidement s'affaisse et les orgues n'exhalent plus que des sons affaiblis et incohérents. Vous n'hésitez pas, vous savez où est le mal et où il faut porter remède.

Ne se passerait-il pas, dans l'obsession, quelque chose d'analogue?

La conscience est plus ou moins riche, selon la quantité de phénomènes qu'elle retient1. Il n'y a pas de conscience humaine qui retienne tout ce qu'elle a saisi, ni qui saisisse toutes les impressions de la réalité sur l'organisme. Combien d'idées ou de nuances nous échappent à une première lecture d'un livre de doctrine ! Que de choses qui entrent dans nos yeux, et que nous ne voyons pas ; dans nos oreilles, et que nous n'entendons pas ! On connaît les fameuses discussions de Boileau et de ses amis sur les a parte an théâtre; et qui ne sait que nous sommes sujets à la distraction? Mais, s'il ne saisit ni ne retient tout,

1. Voyez notre étude sur Y Hypnotisme. Revue des questions scien^ tifiques, janvier 1910

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