‹ Le gouvernement de soi-mêmeChapitre 60 sur 93 · Introduction à la vie dévote, quatrième partie, ch. xi · texte numérisé non relu

Introduction à la vie dévote, quatrième partie, ch. xi

3. Cité par Faber (ouvr. cite', 303), qui dit pour son compte en parlant des ê dispositions pernicieuses » qui accompagnent les scrupules: «Ce sont comme des germes de mort spirituelle semés çà et là sur notre âme, une sorte d'érysipèle moral » 301).

4. Un témoin digne de foi nous raconte cette curieuse anecdote : Une Anglaise qui, après sa conversion, était dévorée de scrupules, finit par dire : « Je retourne à l'anglicanisme pour retrouver uneconscience. — Vous aurez bien plus de scrupules, lui dit-on. — Non, car du moins j'y verrai clair : ce ne seront plus des scrupules, ce seront des remords. »

cette inquiétude que rien ne calme, cette tristesse que tous les jours font plus arrière. « Il n'y a pas, nous dit B, de chagrin capable d'accumuler tant de ruines. Faire d'une créature jeune, gaie, enthousiaste, l'être le plus malheureux, vieilli, sceptique, dégoûté de tout, de la religion et du bon Dieu plus que du reste... Le scrupule a épuisé en moi la sève de la volonté, tari toute ardeur, tout enthousiasme, tout élan, tout bon mouvement, toute générosité... Je n'ai plus aucun attrait pour le bien, aucun goût pour la piété; tout me fatigue, me lasse, m'ennuie, m'excède ».

Il y a peut-être, dans ces tableaux des scrupuleux peints par eux-mêmes, quelques traits où ils forcent la nuance, par l'habitude où ils sont de se calomnier, et, dans ces « réveils terribles », un reste de leurs impulsions imaginaires ; mais le fond du tableau est vrai pour ceux qui s'éternisent dans leur mal, qui voudraient et ne veulent pas guérir.

Qu'ils veuillent: Ils ont tout à gagner à cette réussite, et tout à perdre dans l'insuccès. Leur intérêt se trouve d'accord avec leur devoir. C'est l'amour de la maxime à laquelle ils attachent leur vie qui leur inspire leurs cruels peut-être ; il faut leur montrer que cet amour leur impose de les mépriser, de vouloir guérir, coûte que coûte, et de marcher donc par l'unique voie offerte : L'obôissance entière à leur directeur.

Faute de cette obéissance, il n'y aurait plus de direction; le malade renoncerait à la seule méthode efficace, et le directeur impuissant devrait renoncer à

2M l'obsession et le scrupule

sa tâche rendue impossible. On ne peut compter sur l'efficacité de la méthode que si le directeur et le dirigé sont également prêts h y remplir leur rôle, l'un à ordonner, l'autre à obéir.

Il nous reste à examiner ce que doit être, dans ce cas, l'ordonnance. La méthode n'est que l'enveloppe lu traitement; il faut en voir enfin le contenu.

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