‹ Le gouvernement de soi-mêmeChapitre 64 sur 93 · R. et J., Il · texte numérisé non relu

R. et J., Il

devant ces actes que ;>ar lâcheté, par souci de cultiver son scrupule, par refus de passer sur ses peut-être et de se confier à la direction reçue. Acquiescer alors à ses répugnances, c'est développer la maladie et rendre plus difficile encore la cure indispensable. Il ne faut admettre cette suppression temporaire qu'à la condition que le malade fournisse par ailleurs la preuve de son bon vouloir et profite de ce léger répit, non point pour s'ancrer dans ses routines mauvaises, mais pour s'en dégager énergiquement, dans le champ provisoirement circonscrit de ses efforts. De la sorte, il est bientôt possible, avec des encouragements, de reprendreles pratiques délaissées. En dehors de leur vertu propre, elles sont un grand moyen de guérison, la communion surtout. Elle est la preuve positive de l'obéissance réclamée, elle est une victoire pratique contre les impressions, elle est comme le rouleau ■ qui passe périodiquement sur elles et peu à peu les écrase.

En résumé, dans le scrupule comme dans l'obsession, la méthode qui s'impose en face des actes, des sentiments ou des idées trop difficiles est identique et découle de la théorie. Il faut supprimer ce qui est inutile ou déraisonnable ; et, pour rendre possible ce qui doit être conservé, il faut, d'une part, constater la place occupée par le phénomène en question dans la « hiérarchie psychologique », et s'industrier à le faire redescendre de quelques degrés par la suppres-

i. VAnge conducteur, 82.

292 l'obsession et le scrupule

sion des éléments qui le classent trop haut. D'antre part, avec des encouragements, ou même des menaces modérées, il faut aider le malade à réaliser la synthèse ainsi réduite, à réussir cette adaptation provisoire de son moi.

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