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CHAPITRE III POUR RELEVER LA TENSION

Il faut accroître l'énergie vitale utilisable. 11 y a deux moyens :

I. Eviter les gaspillages : Le surmenage gaspille l'énergie vitale. Les obsédés sont des surmenés. - Mesures préventives : restreindre les dépenses. Dans l'activité physique, éviter la fatigue, l'essoufflement; dans les idées, éviter le dédoublement de la pensée, les ruminations, les idées trop continues ; dans les sentiments, éviter les émotions, surtout les émotions anormales ; dans le genre de vie, éviter les situations trop difficiles. — Mesures réparatrices : Le repos, le sommeil, les distractions, l'isolement, la cure physiologique.

II. Augmenter le capital : La vie est une puissance d'unification, Il faut augmenter cette puissance. — Le moyen ; L'activité. Cette activité, pour unifier, doit adapter les fonctions en retard. Pour les adapter, elle doit les développer. Prendre le malade où il se trouve. Graduer les exercices. — Quelques procédés : Exercices conscients, volontaires, de concentration, d'attention, d'efforts, de décision. Résumé. — Rôle des sentiments. Ceux qui stimulent, ceux qui fortifient. — L'idéal. — Conclusion.

Il fallait s'occuper d'abord d'abaisser la difficulté des actes devant lesquels échoue l'obsédé. Sans doute ce n'était point attaquer le mal dans sa racine, mais, pour ainsi dire, dans sa fleur, dans sa manifestation suprême. Il fallait cependant commencer par là, parce que c'est là surtout que le malade souilVe, et sa

â9i l'obsession et le scrupule

douleur ne peut pas attendre ; c'est là que sa vie se heurte à l'infranchissable obstacle, et il lui faut vivre ; c'est là que le traitement opère le plus vite et de façon plus sensible, et il en résulte un encouragement. Et puis, c'est toujours attaquer l'arbre que d'abattre les fleurs, surtout si on les empêche de repousser. C'est toujours affaiblir la maladie que de fortifier le malade, et, en supprimant les angoisses, le développement morbide et les dérivations qui accompagnaient l'effort impuissant vers la certitude, on lui constitue une réserve de forces qui tout naturellement vont s'employer, nous l'avons dit, au relèvement de la tension vitale. Ce relèvement spontané coïncidant avec l'abaissement de la difficulté des actes, suffit môme, dans beaucoup de cas, pour rétablir l'équilibre psychologique et produire la guérison tolale chez les obsédés occasionnels.

Mais, chez les obsédés constitutionnels, la tension est trop basse pour que ce léger relèvement suffise à la ramener au niveau normal. Il faut donc y travailler par d'autres moyens et pousser plus loin le traitement.

Le malheur est que nous entrons ici dans un domaine à peu près encore inexploré. Tout ce que nous pouvons faire, c'est de nous appuyer sur les faits que nous avons établis et sur la théorie que les faits nous ont suggérée, pour en dégager quelques conclusions pratiques.

La tension vitale, avons-nous dit (IIIe partie, ch. i, | i) est en raison directe de l'énergie en acte et en raison inverse de la quantité des éléments.

Nous avons indiqué dans le précédent chapitre le moyen de réduire cette quantité, de simplifier ce qui était trop complexe et par là de rendre suffisante, pour un acte donné, la tension vitale d'abord trop faible. Il faut maintenant s'attacher à augmenter la valeur de l'énergie utilisable, c'est le procédé direct pour relever la tension 4.

Or, il y a deux moyens d'augmenter un capital, dont le premier est d'éviter les gaspillages, et le second, d'accroître les bénéfices. C'est sur l'emploi de ces deux moyens que nous avons à fournir quelques indications.

La vie se développe avec l'exercice — nous aurons bientôt à le rappeler, — mais à la coudition toutefois que l'exercice soit modéré. Quand on abuse d'un organe ou d'une fonction, on diminue sa puissance. Le capital de vie s'y gaspille. Pourquoi? Parce que l'afflux du sang nourricier ne suffit plus à la dépense, les échanges en se précipitant épuisent les réserves disponibles, l'organisme alors, se dévore lui-même, « se brûle » ; par ailleurs, les déchets de cette combustion ne peuvent plus être éliminés à temps par

■p 1. T=»~ : donc sa valeur croit en même temps que le numérateur E.

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les diverses voies trop encombrées,, et les toxines restent, se multiplient, faisant leur œuvre de mort.

Mais le moyen de savoir quand on dépasse la limite, quand l'usage devient l'abus? — La réponse à cette question serait complexe Elle embrasserait toute la biologie, la psychologie et la morale. Nous y ferons une réponse partielle qui suffit à notre dessein : un signe manifeste qu'on est sur la frontière et qu'on va la franchir, c'est la sensation de fatigue1. La frontière est franchie quand cette fatigue devient du surmenage.

« Il y a surmenage toutes les fois que la fatigue qu'on éprouve exige pour sa réparation des conditions exceptionnelles2 ». Les déchets qui encombrent et menacent l'organisme à la suite d'un acte fatigant sont rapidement lessivés5 par l'onde sanguine, si la fatigue ne se prolonge pas. Les repas et le sommeil réparent périodiquement les dégâts de l'activité journalière. Quand ces moyens ne suffisent plus, c'est que l'activité dépasse les forces disponibles et Ton est en présence du surmenage.

Or, les forces disponibles diffèrent d'un organisme à l'autre. « Certains êtres ne se surmènent jamais. D'autres se surmènent facilement. Quelques-uns enfin sont toujours des surmenés, par cela même qu'ils vivent. Ils sont au-dessous de leur tâche4 ».

Les obsédés appartiennent à ces deux dernières

1. Il y a pour la fatigue des neurasthéniques quelques réserves à faire, que nous rencontrerons tout à l'heure.

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