‹ Le gouvernement de soi-mêmeChapitre 68 sur 93 · V. Poucel, dans les Etudes, 20 décembre 1902, p · texte numérisé non relu

V. Poucel, dans les Etudes, 20 décembre 1902, p

306 l'obsession et le scrupule

ensuite à vomir. On y laisse toujours, sinon la vie, du moins quelque chose de sa vie.

Nous avons distingué un certain nombre de surmenages — physiques, intellectuels, sentimentaux ; — mais il n'est pas rare qu'ils s'additionnent. C'est le cas, lorsque la tâche professionnelle dépasse les forces du malade, entretenant à demeure le surmenage physique par l'effort quotidien qu'elle lui impose, le surmenage intellectuel et moral par les préoccupations qu'elle lui crée. Il faut sans doute ne point se hâter de déclarer la profession au-dessus de ses forces. Nous savons que l'obsédé se décourage facilement et se calomnie, et qu'il n'est pas toujours sage de le prendre au mot ; nous savons encore qu'en dégageant, de l'essentiel de sa tâche, les éléments inutiles qu'il lui surajoute, on peut souvent arriver à lui faire accomplir ce qui, d'abord, lui était impossible. Mais nous savons aussi que ses forces ont une limite, et lorsque vraiment les exigences delà profession la dépassent, il n'y a rien à faire qu'à en choisir une autre. Le surmenage alors serait inévitable, et les surmenages accumulés amèneraient vite la catastrophe. Il ne faut jamais perdre de vue que l'obsédé est un malade, et qu'un malade ne peut pas toujours faire ce qui est possible à un homme bien portant. « Ll... était un employé modèle, un hasard malheureux le fait monter à une situation plus élevée et le force à diriger la caisse de la maison ; il s'effraie de sa responsabilité, n'arrive pas à prendre une décision et commence une grande crise d'obsession scrupu-

leuse. Après l'avoir traité quelque temps, et après avoir réussi à le calmer, j'ai exigé qu'il reprît sa place en sous-ordre : il s'y comporte de nouveau parfaitement1. »

Tel brille au second rang qui s'éclipse au premier.

Il faut savoir trouver sa place et s'y mettre ou y rester : The right man in the right place.

Mais, quelles que soient les précautions prises, l'obsédé n'arrive pas à éviter tous les surmenages. Il faudra qu'il les répare. Après les mesures préventives destinées à en laisser passer le moins possible, il y a, contre les surmenages inévitables, des mesures réparatrices qui s'imposent.

La première de toutes est le repos.

« Le repos n'est pas tout, mais rien n'est sans le repos2. »

L'on se récriera peut-être, pensant qu'il faut bien tirer, d'un capital de forces déjà si pauvre, tout le rendement possible, et qu'on n'a pas de temps à perdre. Ce n'est pas du temps perdu. On a démontré que, pour un temps donné, deux ou trois jours par exemple,

î. ht ï, 702.

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