LAnge conducteur., ii
318 l'obsession et le scrupule
table que le traitement moral a plus d'influence qu'elle et que bien souvent il la rend inutile1. » C'est un médecin qui parle, et tous ses confrères, parmi ceux qui comptent, lui feraient écho. Les directeurs s'écrient parfois en face d'un scrupuleux dont ils ne peuvent venir à bout : « C'est un malade ! il a besoin du médecin plus que du directeur. » Et voilà que les médecins en chœur s'écrient à leur tour : « Il a besoin d'un directeur plutôt que d'un médecin. » Et ils s'ingénient à se faire directeurs pour le guérir. Ici, ce sont les médecins qui ont raison.
Il nous reste à dire un dernier emploi de cet office de directeur. Il ne suffit pas, en effet, que l'obsédé évite ou répare de son mieux les dépenses inutiles, les gaspillages; il ne lui suffit pas de ne point s'appauvrir; il est déjà trop pauvre et il a besoin de s'enrichir. Quels moyens lui proposer pour augmenter son capital?
La vie, disions-nous (IIIe partie, ch. i, § i), est une puissance d'unification.
En proposant cette définition, nous avons négligé, pour ne pas alourdir outre mesure la théorie qui