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Voyez iaaet, Névroses, 383 sqq

mets, et, quand elle est insuffisante pour tout retenir des acquisitions passées, elle abandonne d'abord les plus récentes. Il peut se faire, et les exemples n'en sont pas rares, que telle personne intelligente et d'éducation distinguée, se trouve tout à coup incapable d'écrire ou de lire une phrase, que tel officier très brave en vienne à trembler de tout, que tel avocat de renom ne sache plus demander un renseignement à un guichet de la Poste. Il faut constater le point où Je malade se trouve et partir de là.

Et il faut ne pas aller trop vite sous peine de n'être pas suivi et de provoquer, à la suite d'un effort qui n'aboutirait pas, les phénomènes inférieurs de dérivation [Impartie, ch. m]. Us constituent une dépense de forces vitales qui n'est pas compensée, puisque, l'effort d'adaptation n'ayant pas réussi et les phénomènes dégradés n'étant que des actes incohérents ou automatiques, nul travail d'unification n'en résulte. C'est au contraire le découragement, avec son effet de déconcentration, de dissociation, d'affalement, qui guette le malade à la suite de tout effort manqué ou portant à faux. Il importe donc de bien doser et graduer les exercices d'entraînement psychologique, de manière à éviter ces à-coups.

En résumé, accroître le capital de vie, c'est augmenter la puissance d'unification; et pour augmenter cette puissance dans l'obsédé, il faut développer et adapter peu à peu les fonctions en retard, par un traitement calqué sur l'état actuel du malade et gradué d'après ses forces disponibles : tels sont les principes directeurs.

328 l'obsession et le scul^ule

Par quel système de pratiques pourront-ils se traduire en acte?

Les psychothérapeutes préconisent chacun le sien, ce qui veut dire qu'on n'a pas trouvé encore le meilleur. Mais ils sont tous bons dès qu'ils sont appliques avec intelligence, parce que tous constituent des exercices psychologiques et visent, d'une façon ou de l'autre, à développer Je sujet par l'habitude et à l'adapter graduellement au cadre de sa vie. Les qualités du directeur, le dévouement, la réflexion *, l'expérience, l'ingéniosité, le flair, le tact, importent plus que le système *.

Il ne nous appartient pas d'ailleurs d'en recommander aucun, ni d'entrer dans les détails d'applications, qui varient avec la diversité infinie des cas. Nous indiquerons seulement quelques exercices ou quelques procédés qui valent par eux-mêmes, indépendamment de tout système particulier. Ils ne constituent ni un corps de doctrines ni une liste complète des moyens possibles, mais seulement des exemples qui en susciteront d'autres, des jalons qui dessinent une route. Nous commençons la série par les exercices les plus élémentaires, ceux qui conviennent aux malades les plus atteints.

1, « La médecine doit être une méditation constante sur la vie. » Docteur H. Huchard.

2. « Tant vaut ie médecin, tant vaut sa psychothérapie ». F. Raymond, ouvr. cité, 29.

Actes conscients : Ils consistent simplement à prendre conscience, de propos délibéré, de ce qu'on fait1, ïe remue le bras, la tête, les yeux, je marche, j'écoute, j'entends, je regarde ce tableau, cet horizon, ce paysage, etc. — La vie consciente somnole souvent, chez l'obsédé, ou s'affole; ou bien tout est flou, confus. Ces exercices, très faciles et qu'on lui impose de faire, pendant quelques minutes chaque jour, à des heures déterminées, excitent sa conscience, la concentrent, la séparent, par une limite précise, de la pénombre où elle s'évanouissait. Il y a ainsi une certaine adaptation déjà et une tendance plus ferme vers l'unité.

Actes volontaires : C'est un degré de plus. Au lieu de constater seulement, on veut, on fait1. — Quoi? — N'importe quoi et sans autre motif que celui de faire l'exercice. Je veux lever la main, marcher, passer par ici, regarder parla, déplacer cet objet, fermer cette porte, etc. « Nous invitons nos malades à faire trois fois, tous les matins, trois mouvements déterminés des bras, puis six, puis douze, puis d'en faire autant avec les. membres inférieurs. En ordonnant ces exercices, nous comptons bien moins sur l'action utile de la gymnastique musculaire elle-même que sur TeSort de volonté que nous obtenons du malade avec son libre consentement. Dans le même esprit, nous envoyons certains de nos malades faire une gymnastique spéciale, tous les jours, par tous les temps, à l'extrémité de Paris, aussitôt qu'ils peuvent

i. Docteur Vittoï,

supporter la fatigue d'un déplacement quotidien*». — Ces exercices se placent déjà dans le groupe supérieur de la hiérarchie psychologique. Ils sont très simples encore, mais parfaitement adaptés dans leur genre. Ils ajoutent au moi une « tranche de vie » bien minime, mais ils « l'unifient ».

Exercices de concentration. — Ils condensent les deux exercices précédents. On écrit un chiffre, le chiffre 1 ou 4 par exemple, on le voit, on l'entend, on prend conscience du mouvement des doigts qui l'écrivent; puis on ferme les yeux, et on continue à penser à ce chiffre, sans aucune distraction, le plus longtemps possible. On peut de même se représenter un objet extérieur ou l'un de ses doigts2. L'essentiel est qu'il s'agisse de quelque chose de précis, matériel, brut, ne pouvant guère éveiller des associations d'idées, pour qu'il soit plus facile d'écarter toute distraction. — Nous avons expérimenté la méthode. Eile est vraiment efficace. Elle ramasse la conscience éparse, la resserre peu à peu et fait plus forte son unité. C'est, pour les bien portants, une bonne préparation au travail intellectuel, et, pour les malades, un excellent exercice à refaire de temps à autre au long de la journée.

Exercices d'attention. — « Le traitement doit être avant tout dirigé de manière à développer le pouvoir de l'attention8 ». Elle constitue, en effet, l'un des

1. Docteur Burlureaux, La lutte pour la santé, Paris, Perrin, Z* édit., 1907, p. 185.

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