‹ Le gouvernement et le Parlement britanniquesChapitre 157 sur 358 · Tdcliqua des assemblées UyislativeSy I, ch. m · texte numérisé non relu

Tdcliqua des assemblées UyislativeSy I, ch. m

cevait, le sergent d'armes les expulsait et, en outre, on faisait assez souvent évacuer la salle en signalant la présence des étrangers.

Grâce à cet ensemble de circonstances, il est bien difficile d avoir une juste idée de l'éloquence des hommes qui ont illustré la tribune; nous ne connaissons pas le texte exact des discours de Pym et de Hampdeii, de Wentvvorth et de Falkland et les échos de la voix de Soiners ne nous sont pas parvenus. On ne possède pas un discours complet de(ihatham*,de Walpole, de Bolingbroke ou de Pulteney *. et combien sont insuffisantes et incomplèt(»s les reproductions de la parole des hommes d'État qui ont jeté, sur les dernières années du xvni" siècle et sur l'aurore du notre, un si briUant éclat : PilL le modèle ilv ce que l'on nomme aujourd'hui le debater. et son illustre adversaire Fox, plus ardent et moins maître de soi, mais possédant îiu plus haut degré le géni(» oratoire: Burke, plus profond que brillant, et surtout Shéridan, dont léloquence, au dire de Pitt, « surpassait celle ch» tous les orat<Mirs anciens et modernes et possédait tout ce que le génie ou l'art peuvent fournir pour émoiivoirou pour dominer l'esprithumain^t;

je ne parle pas de tant d'autres comme lord Erskine

et M. Windham. aussi solich'S quoi(|ue moins brillants.

Peu à peu cependant, h\s entraves ont disparu; on a

r Cihalliiiin «'tait ik* uvit \v don di» r«'"loqin»ii(M\ ol lorsqu'un niouibn*, ayant «.'ntcndii son maiden speech ^ disait à un dtî ses rollôgues : « W d«'vi«'iidra orah'iir »». rrlui-ci rrpondil : • Il l'est déjà. »

3. On dcinaiidail. un jour, dt>vant M. IMtt, (juclles étaient les plus ro- >:rettal)l«"» <!•'«. «iMivir> ('\n>l!<Mit<'s d»' l'esprit humain que le temps nous a ravii'>. L'un di>ail : !•••< livr.'s perdus de Titi'-Live; un autre, e»*ux de Tarile : un troi>irint'.uin' tra^édi»» latine. — «l'n disccnirs de Bolingbroke», dit M. Pitl. M '.II. d«' Hi'inusat, L'An^Hn-reau wtw siArle, vol. I, ch. i.)

3 On sait rcpt'iidant <|ue >Sliéridan avait débuté par un insuccès.

l'AIlLKMKNTAiaiCri

iress» (le peruéculer 1rs jounialisLes, un a. perdu rimbiliirfe lie faire remarquer leur présence et de réclamer leur exelimion : bien pins, lorsque en 1834, l'incemliedu l'arlenieitt a nécessité la consImcUon de nouveaux bâlinieiils, on a oflicîolleinent admis la présence des reporters, en construisant, pour leur usage, une tribune i|ui, suivant l'expression d<« Macaulay. est devenue I une ({uatriènic autorité du rnyauni{> * s.

« Aucune eirconslance, dans l'Iiistoire de notre pHjK. «lit Erskine May, pas même la réforme parlemt'iitsire n'a fait plus pour ia lilterté et le bon gouvernement que l'entif-re liberté des comptes rendus et. de tous les services que la presse a rendus aux institutions libres, il n'en est point de plus grand qun la hardiesse avec laquelle elle a bravé le pri vil l'-ge parlementaire, en travaillant pour les inlén^ts du peuple*. »

Di'puis l'année 1803. les débats parlerncnliiires sont publiés dans un recueil (Parliamentat-y debates) imprimé par Hansard et qui. chaque aimée, donne, en cinq ou six volumes d'un format commode, un compte rendu des séances des deux Cbarabres *. La publication n'a aucun caractère officiel , mais le Gouvernement et le Parlement lui donnent indirectement uns subvention, en acbetant un certain nombre d'exemplaires. C'est, d'ailleurs, une simple reproduction des comptes rendus publiés par le Times* et par les autres feuilles, revus en

I- Cvilical anil hhlwiral rfimjr l„i-l. sur H»JluiiO. î. romlilutioiial hisinr.i. I, fli. vrr,

;i. ir- -rii,. : ,1,. \nvd i.'ui dr i; ■«, ., m : ii ^„\. . s- M'nf ;

partie par les auteurs des discours ; elle est utile pour les hommes d'étude, mais elle ne s'adresse pas au public, qui ne connaît les débats parlementaires que par la presse.

Lesjournaux font sténographier et abréger les comptes rendus des séances, par soixante-quatorze reporters réguliers et seize reporters extraonUnaires. Le Times en a quinze, le Standard neuf, d'autres journaux en ont de un à huit. Parmi les hommes éminents qui ont commencé leur carrière en remplissant ces fonctions délicates et pénibles, on peutciter lord Campbell, devenuloRl haut chancelier, et Charles Dickens, le célèbre auteur. Le Times est, d'ailleurs, le seul journal qui publie des comptes rendus à peu près exacts et complets : après lui, vient le Standard. On faisait remarquer, dans une enquête parlementaire, que la (hscussion de la question d'Orient ayant <luré sept heures, pendant la séance du 20 iévrier 1877, le compte rendu du Times contenait 33.900 mots, aucun autre journal n'en ayant donné plus de 29.000. Et, comme M. Gladstone lance cent vingt mots par minute, il aurait fallu, en acceptant celte moyenne, qu'il y eut 50.000 mots pour fourinr un compte rendu absolument in extenso. Lorsqu'il s'agit d'un sujet moins intéressant, on a remarqué que h» Times donnait i 0.000 mots environ, le Standard. 8.000. les autres feuilles, de 2.000 à 3.000 seulement*.

Kn fait, les journaux se rendent compte, avec un tact généralement irréprochable, de ce qui peut intéresser leurs lecteurs; ils omettent ou abrègent les discours ennuyeux, réilnisent à quelques lignes les divagations

i. Parliamentary reportinçt Report and Evidence, i878, n« 327.

de certains membres et ne reproduisent, d'une façon à peu près complète, que les discussions importantes et les discours d'orateurs connus. On cite bien quelques cas où les omissions et les abréviations sont systématiques et ont pour but de satisfaire certaines rancunes. M. Cobbett ayant, un jour, injurié les reporters^ en les appelant reporihers, les journaux cessèrent absolument de publier ses discours. Il en fut de même pour lord Monteagle (alors M. Spring Rice), qui avait, une fois, blessé les jiournalistes. Ceux-ci ayant demandé une rétractation, que le ministre refusa, les journaux omirent tous les discours de Thonorable membre, jusqu'au jour où M. Murray fit cesser Tostracisme, en publiant la Constitution.

Plusieurs fois aussi, des membres irlandais se sont plaints de la partialité des rqoor/er^, mais ce sont là des cas exceptionnels. D'ailleurs, les députés dont les discours sont écourtés prennent soin d'en envoyer le texte complet aux journaux des localités qu'ils représentent. Ils ont alors la satisfaction de voir leur parole se développer en longues colonnes, tandis que celle de leurs collègues occupe à peine quelques lignes. Mais, lorsqu'un compte rendu est falsifié ou que la mauvaise foi de l'auteur est évidente, les Chambres font exercer des poursuites, non pas à raison du délit, mais par le motif que toute reproduction quelconque des débats constitue une violation des privilèges du Parlement *.

Les comptes rendus publiés par les journaux n'ont, d'ailleurs, aucun caractère d'authenticité. Un membre

Page 1