LES COMMISSIONS ET LES ENQUF'TES
ont été oxaininées par des coinmissions dt» la Chambre des communes *.
Je ne saurais prétendre que tous ces travaux aient été également utiles, mais je suis bien loin de m'associer aux critiques dont les commissions parlementaires ont été Tobjet. Je les considère, au contraire, comme l'un des meilleurs et des plus sûrs instruments d'informar lion. Non seulement les hommes compélenls donnent, sur chaque question, leurs opinions et fournissent des renseignemenls précis, mais encore ils entendent les dépositions deceux(|ui combaKenI leurs idées et ils peuvent les réfuter. S'a}rit-il des tarifs de chemins de fer? on écoule les directeurs <h\s compagnies et les commerçants. S'a»ril-il d(» questions ouvrières? on interroge les patrons v\ les ouvriers. Av(»c une rare impartialité et un véritable désir de déc(»uvrirla vérité et de la faire éclater, l(»s mendires dv hi commission ne négligent aucun moyen d'information. Leur rapport, auquel est toujours jointe la coUection des (b'^positions reçues (jninutes of évidence), échiire le public et lui fait connaître la (|u«»slion : les journaux le discutent, à leur tour, et donnent b»ur avis. Topimon se forme et le Parb^nent sait générab»ment, d'une façon non équi- V(M|ui». dans (|uel.s«*ns (die se [irononce.
Vax sonum», la rédaction deslois n'est pas, C(unme celle des discours. un(ï composition de rhétori(|ue : il s agit d«' ré;rler drs (juestions importantes qui alfectenl des intérêts nond)irux et s<mvent contradictoires, le légis-
I. Il Tant n*riiar<(iwT ('t'p«Mi(lant ({uc lo nièiiiu suj«^t a été plusieurs fMi-, i>\.iiiiiii«' ; ain>i la cotititiiiatioii (l<>s act(\s i^ur lea routes à péage a • ti' >ouiiii>«' a quatre romiiiisftionïi, etc.
latcur peut se tromper, tout eu ayant les meilleures intentions, et ses mesures peuvent avoir les plus graves conséquences : le meilleur moyen d'éviter ce danger est précisément de s'éclairer avant d'agir. Or, en étudiant ces masses de renseignements, dont j'ai peut-être quelque droit de parler, car il en est peu dont je n'aie pas personnellement pris connaissance, il est bien difficile de n'être pas fixé d'une façon sérieuse, sinon sur la valeur des doctrines, du moins sur la réalité des faits. J'aperçois donc les très grands avantages de ces enquêtes, et je suis très peu frappé de leurs inconvénients. Le rapport d'une commission royale ou d'une commission parlementaire est, pour le législateur, une base sûre, qui lui permet d'éviter sinon les erreurs auxquelles ne peut échapper la fragilité de l'esprit humain, du moins les grosses fautes et la pire de toutes, c'est-à-dire la méconnaissance des intérêts du pays et du sens de l'opinion publique.