XIV INTRODUCTION
école, la France eut tout d'abord Vidée d'être libre : elle l'eut en 89, avant les orages, et quand elle avait encore la sérénité de son jugement. Qui est-ce qui a donc voulu nous persuader que nous avons, pour toute passion politique, celle de régalité! Hérésie, sophisme d'antichambre. On calomnie la France en la comprenant ainsi : ces interprètes n'y voient pas plus haut qu'euxmêmes. Là-dessus nous savons désormais à quoi nous en tenir : on y a regardé, on est remonté aux cahiers de 89, et l'on y a trouvé (dernier éclat, dernier service d'un penseur éminent) que la France tout entière, bourgeoise, sacerdotale, nobiliaire, avait donné mandat à ses députés de fonder le gouvernement représentatif. Non, sur l'âme et l'honneur de nos pères, il ne s'agissait pas seulement alors d'abaisser des privilèges, de dégrader des supériorités ! ce que voulait laFrance, c'était de se constituer et de s'élever tout entière, de se niveler dans l'exaltation de tous, et non autrement. S'il faut un passé aux choses, une tradition aux idées, un précédent aux institutions, ce titre ne manque pas aux inspirations libérales de la France, il est écrit dans le mandat unanime et impératif émané d'elle en 89.
Depuis cette époque il n'est venu à l'esprit de personne que la France pût appartenir à un homme et se retrouver aux pieds d'une dynastie. Quand la dictature a reparu, avec l'excuse de quelque grand homme, de quelque grande alarme, il s'est passé quelque chose de très-significatif. Il a fallu qu'elle revêtît les formes et prît les couleurs de la liberté : un aveu des droits de la France.