‹ Le gouvernement représentatifChapitre 11 sur 61 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

Que la France et la liberté soient faites l'une pour l'autre, c'est le jugement de tous à certaines heures clairvoyantes comme la mort ou comme l'adversité.

On a vu tel souverain revenir de l'île d'Elbe, telle dynastie rappelée de l'exil, telle coalition à force de défaites entrer dans Paris : ce qu'ils ont appris les uns et les autres, à travers tant de fortunes, c'est le droit de la France sur elle-même. A Vile d'Elbe^ disait Napoléon,/ûi ew^^nrfw comme dans un tombeau la voix de la postérité. Ce fut alors une effusion d'actes additionnels, de Chartres octroyées, de constitutions sénatoriales : un retour et un empressement de tous vers la liberté. Remarquez, s'il vous plait, que tous en leur temps l'avaient, ou détruite, ou sacrifiée, ou combattue : mais il n'y eut personne à ce moment lucide, qui ne l'appelât comme le salut commun, comme le seul régime où la France pût vivre en paix avec elle-même et avec l'Europe ; l'acclamation fut universelle : nul n'y manqua, ni les vieux conventionnels fortement déguisés qui remplissaient le sénat, ni les intérêts et les opinions qui siégaient à l'Hôtel de Yille, ni cet intelligent émigré qui revenait d'Hartwell et datait du dixhuitième siècle, nil'autocrate illuminé de toutes les Russies, ni la froide raison des représentants de la Grande-Bretagne, ni l'évêque d'Autun et ses amis dont l'expérience ramassée à tant de sources, dont la tolérance fameuse devint croyance à ce moment : une croyance où se fixa leur vie et leur fidélité. Grand spectacle devant lequel on peut bien s'arrêter ! 11 y a apparence que ces chefs d'ar-

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