INTRODUCTION. XIII
que la raison... elle finira par dompter y oUy ce qui vaut mieux,, par modérer l'espèce humaine et gouverner tous les gouvernements de la terre : Mars est le tyran, mais la Raison est le souverain du rnonde... Et quand la Bretagne redemande ses États, comme il lui fait la leçon I Ce n'est pas dans de vieilles chartes qu'il faut chercher les droits de la nation, c'est dans la raison : ses droits sont anciens comme le temps et sacrés comme la nature. A la longue, cela devient insoutenable. Il n'y a pas jusqu'au roi qui, dans la séance royale du 4 février 1790, ne félicite au nom de la Raison les départements substitués aux provinces !
Encore quelques années, et ce peuple élèvera des autels à cette déesse. Pour le moment, il a cent coudées, il touche aux nues, cherchant un nouveau monde comme Christophe Colomb, sur la foi d'une idée : et cela, je vous prie bien de le remarquer, sans que l'idée nuise au reste. Si l'Europe n'est pas contente, vous verrez ces idéologues mettre pied à terre et s'expliquer avec les coalitions : une foi qui prend les armes, une forte infanterie, toutes réflexions faites. C'est là qu'est le Gallicisme I La postérité le dira quelque jour : le grand courant de l'esprit humain a passé par la France ; de Grèce et de Judée, le Verbe est venu en ce pays où l'attiraient les éclairs d'une langue et d'une épée incomparables : il s'est fait nation, drapeau, victoire... et l'on peut placer ici une des foudres de Bossuet : Glaive du Seigneur, quel coup vous venez de frapper ! toute la terre en est émue.
Parmi ces idées triomphantes dont elle tient