‹ Le gouvernement représentatifChapitre 14 sur 61 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

petites comédies étaient toute la joie de nos pères. Au sortir de cette indigence, nous eûmes des poètes d'une lyre inouïe, des érudits à sens pittoresque, des critiques faits comme des historiens, tandis que les historiens eux-mêmes touchaient à Fart et à la philosophie. Chaque genre s'élevait au-dessus de lui-même, manié par des esprits puissants et créateurs. Nous eûmes surtout des philosophes de Thistoire. Il n'est pas besoin de dire que ces grands esprits firent école ei rallumèrent tout ce qui s'éteignait, les études, les goûts, les œuvres : on peut être bref là-dessus, jamais génération n'ayant fait son propre éloge comme celle à laquelle on a l'honneur d'appartenir.

En revanche, on pourrait être prolixe sur les bienfaits économiques de la Uberté ; mais cela est sujet à certaines distinctions.

Il n'est pas clair que tout ici appartienne uniquement et nécessairement à la liberté. Quelquefois un peuple se rue en fabrique et se livre éperdument à ses facultés productives, parce qu'il a longtemps pâti et qu'il rencontre, après mainte angoisse, une liberté ou une sécurité relative. Telle fut la France, soit sous Henri IVr soit sous la Régence ; et l'on pourrait attribuer à la même cause cette reprise, cette ferveur des affaires qui se montra dès les premières années de la Restauration. Pour peu qu'une nation respire, tout d'abord elle se met à vivre : cela est si naturel I •et elle y porte ce besoin de réfection qui succède à l'épuisement des longs efforts, une ardeur et une vitalité de convalescent. — Toutefois, dans Je progrès économique de la France, deux choses

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