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tiennent visiblement à la liberté ; je veux parler du crédit public et des développements de la Banque de France.
Payer toutes les dettes de TÉtat, même les dettes contractées par le prédécesseur, par Yusurpateur^ c'est ce que fit le gouvernement de la Restauration, et cela sent tout d'abord un gouvernement responsable.
Le bénéfice en fut immédiat ; on revit des emprunts, ce que la France avait eu le temps d'oublier depuis M. Necker. Je trouve dans un écrit de Tabbé cfe Pradt un fait peu connu, je crois, l'histoire d'une tentative d'emprunt sous l'Empire, la seule qu'on ait vu à cette époque. Il s'agissait de douze millions demandés par le roi de Saxe à la place de Paris, à dix pour cent, avec l'hypothèque des mines, de sel de Viczica, avec la garantie du gouvernement français : or, sept millions seulement s'offrirent sur toutes ces sûretés, et encore la bonne moitié en était faite par l'Empereur. Tel était à cette époque l'état du crédit. Grâce à la liberté, la France envahie put emprunter, faire honneur à tous ses engagements et fermer, non pas précisément l'abîme des révolutions, mais celui des banqueroutes. Qui osera faire désormais ce qui ne se fit pas après vingt-cinq ans de guerre, dans l'épuisement des défaites et de l'invasion?
Quant à la Banque de France, elle prit le caractère dun établissement privé, indépendant, surveillé sans doute par l'État pour le bien du public, mais non exploité par l'État pour son propre bien, au gré de ses besoins. Notez que ce caractère
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est le seul où cet établissement puisse servir le public et rÉtat, surtout l'État. Est-il dans la dépendance du Trésor? il passe pour manufacture d'assignats, et tout est perdu: il ne faut plus compter du moins sur ces avances de Banque, qui sont le salut des États modernes, quand Taggravation de Timpôt est impossible, et que les emprunts sont à bout : avances qui s'élevèrent en deux années, après la révolution de 1830, à cinq cent cinquante millions. Une banque d'État n'avance en pareil cas qu'un papier suspect, décrié, qui représente les besoins de l'État* et rien de plus ; tandis que le papier d'une banque privée représeiite les produits industriels dont il est la contre-valeur. Or, le prêt, l'avance de ce papier signifie la confiance inspirée par l'État aux classes productives dont la Banque est l'organe et le foyer. Mais, pour créer une banque à caractère privé, pour la fonder avec des garanties contre Va^signat capables d'inspirer confiance, il faut un ensemble d'institutions où tous les droits privés aient leurs garanties publiques, où personne ne puisse être violenté dans son industrie sous aucun prétexte, même quand cette industrie est d'émettre du papier au porteur, même quand le prétexte serait une raison, celle des besoins de l'État. C'est ainsi que la Banque de France a connu ses plus hautes prospérités, a rendu ses plus éminents services: presque tout le bien qu'elle a fait dans nos crises est imputable à cette base de droit et de liberté qu'elle acquit sous le régime constitutionnel.
Voilà ce que devint la France, une fois mal-