‹ Le gouvernement représentatifChapitre 16 sur 61 · INTRODUCTION. XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIII

tresse d'elle-même par ses institutions. L'ascension fut rapide : on la revit tout à coup, avec le poids qui appartient, dans les équilibres européens et dans le mouvement des affaires ou des esprits.

S'il y a des ombres à ce tableau, et il y en a, on ne veut pas les dire : on ne laisse pas que d'être dans le vrai, ayant montré les aspects lumineux qui remplissent presque tout.

Mais en attribuant tout cela à la liberté, auraiton commis par hasard certain sophisme qui est de prendre la suite des choses pour leur conséquence, et de dire : Post hoc ergo propter hoc ? Aurait-on pris pour l'effet de certaines institutions une grandeur qui n'était que leur contemporaine? Je ne crois pas. Dire que les nations sont grandes, parce que les hommes sont grands, parce qu'ils ont des droits et des garanties, c'est-à-dire de l'orgueil et de la sécurité, il me semble que c'est rapporter l'effet à sa cause.

Vous me direz qu'un pays peut être grand dans l'obéissance, s'il croit aux dynasties ou aux castes qui le gouvernent sans qu'il s'en mêle. — Cela est vrai ; mais ce peuple ne saurait monter aussi haut que celui qui croit en lui-même, qui se gouverne lui-même, où l'esprit, qui est la force humaine pour conduire les affaires de ce monde, ne se borne pas proprio motu et ne se refuse nulle occasion, nulle gymnastique.

Ainsi le gouvernement représentatif a pour lui le témoignage imposant de l'expérience la plus décisive, expérience nationale, expérience voisine, partout couronnée d'ordre, de richesse et de tous les succès où peut prétendre un peuple.

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