‹ Le gouvernement représentatifChapitre 17 sur 61 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

Bien lui en prend d'être aussi solidement assis dans les faits et de pouvoir montrer ce qu'il sait faire d'une nation. Car au point de vue théorique, envisagé à priori^ il ne fait pas une grande figure : c'est du moins une des notions qui ont le plus besoin d'être expliquées, et qui comportent le plus de cas réservés à des temps meilleurs, ou même exceptés absolument. On ne voit pas que le gouvernement représentatif réponde tout d'abord à quelque grand idéal, ou de liberté, ou de vertu, ou d'universalité.

En premier lieu, la plus haute manière d'être libre, ce n'est pas d'être représenté ; c'est d'être souverain en personne sur la place publique, c'est d exécuter directement à ciel ouvert (quand le ciel le permet comme en Grèce) ces grands exercices politiques qui consistent à légiférer, à juger, à élire les magistrats, à décréter la paix ou la guerre.

En second lieu, on peut dire, comme a fait Montesquieu, que le principe de la république est la vertu. Mais à l'égard du représentatif, en est-il de même? Ici tout dépend de ce qui sera représenté. L'ignorance, l'ineptie, les vices, l'égoïsme ont un droit douteux à se faire gouvernement ou inspiration de gouvernement. Richesse et noblesse, prises en cette qualité seulement, ont un titre poUtique qui ne vaut guère mieux : leur égoïsme a laissé certains souvenirs. Ainsi, on ne peut pas dire que représentation soit le nom d'une chose essentiellement bonne et désirable, comme la tolérance religieuse, l'impôt proportionnel, la publicité judiciaire, etc., etc., la chose ne vaut que par une infinité de conditions qui ne tiennent pas

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