‹ Le gouvernement représentatifChapitre 18 sur 61 · INTRODUCTION. XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXV

dans son nom, et qu'il faut ajouter à son essence.

En troisième lieu, il est clair que ce gouvernement n'est pas. applicable partout. Exceptons d'abord les peuples ou les tribus qui ne supportent aucun gouvernement, tels que les sauvages de rAmérique du Nord : ils ont au préalable quelque chosç à apprendre, une façon, une contrainte à opérer sur eux-mêmes, qui est de savoir obéir. Cela ne vient pas aux hommes aussi facilement que nous pourrions le croire : et pour peu qu'on y pense, on s'aperçoit que ce progrès est peutêtre moralement supérieur à celui par lequel ils veulent être libres. Comprendre le droit des autres est encore mieux que de comprendre son droit.

Telle est la difficulté de ce progrès, qu'il n'y en a guère d'exemples. Tel est l'attrait de la sauvagerie qu'on la voit plutôt conquérir des civilisés, que se convertir en civilisation. Il est fort imaginaire de dire avec Cpndorcet que les hommes commencent par composer simplement des tribus de chasseurs, qu'ils s'élèvent ensuite à l'état nomade, pour se fixer enfin dans des champs ou dans des manufactures. Cet itinéraire du progrès est de pure fantaisie : et le progrès lui-même n'est pas partout. Les nomades surtout tiennent prodigieusement à leur manière d'être : les Tartares et les Arabes mènent encore la vie d'Abraham. Le degré inférieur à cette civilisation, la sauvagerie pure, est peut-être plus maniable, plus susceptible d'avancement. Quelques récits du moins le donneraient à croire.

Un voyageur croit avoir vu une armée de quarante mille Cafres, sous un roi dont le bon plaisir

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