VI INTRODUCTION
Mais ce qur n'a pas commencé par la science doit au moins finir par là. Quand on a été trouvé dans les bois, ce qui est Torigine assignée par Montesquieu au système représentatif, ce n'est pas une raison pour vivre éternellement d'instinct : se conîiaître soi-même est la sagesse des lois^ quand ces lois ne sont pas uniquement pour des castors et des abeilles. Cela revient à dire qu'il faut savoir ce que l'on fait, ne fût-ce que pour le mieux faire, que l'âge de la réflexion arrive pour les peuples comme pour les individus, et qu'une nation doit posséder une théorie de ses lois, aussi bien que de son langage et de sa production.
On peut trouver étrange que ce pays, avec tant de traités sur les participes et sur le libre échange, n'en ait pas un sur le gouvernement représentatif. Mais après tout ce n'est pas la France qui pouvait faire cela, tandis qu'elle était à l'œuvre pour créer chez elle ce gouvernement, à travers tant d'émotions et de conflits.
Quand on est sous Vinfluence des passions, dit lord Byron dans une de ses lettres, on ne fait que sentir et agir: on ne peut pas décrire, pas plus qu'en agissant vous ne pouvez vous tourner vers votre voisin et lui conter l'aventure.
Parmi les Anglais, l'aventure est à terme; ils ont franchi les angoisses et les défilés de cet enfantement, depuis qu'ils ont eu pour roi George III, un fou, dont le règne a été sans contredit le plus brillant de leur histoire. Permis aux précurseurs de se faire apôtres : il leur appartient d'annoncer cette bonne nouvelle d'un peuple décidément libre, de raconter leur expérience, et d'exposer