‹ Le gouvernement représentatifChapitre 3 sur 61 · INTRODUCTION. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VII

comment ils administrent, comment ils vont améliorer le bien qui leur est acquis.

C'est dans cette idée que M. Mill vient de prendre la parole: un esprit presque aussi connu de TEurope que M. de Humboldt, dont on suit les opérations avec un rare plaisir, parce qu'il est exempt de lieux communs, ce qui est peut-être la garantie des plus saines qualités aussi bien que des plus hautes. Vous ne lui voyez de déclamation nulle part pour tenir lieu de faits observés à nouveau, de nuances saisies, d'opinions indépendantes et réfléchies. Rien ne lui arrache des phrases : ni la liberté, parce qu'il la possède d'une antique possession, comme un patrimoine; ni les maux qui semblent inhérents à l'essor et à l'avenir de la liberté, parce que cette menace est purement logique, et qu^il est d'un esprit comme d'un pays trop sage pour être conséquent.

Tant de calme en pareil sujet me semble digne d'admiration et d'envie.

Il est naturel en effet de se porter tout d'abord avec élan et sympathie vers une forme de gouvernement, qui est la forme et le nom de la liberté parmi les nations modernes. Pour ma part, cette acclamation me fait l'effet d'une solution. Ce qui fait battre les cœurs porte en soi un mérite moral : gagner ainsi, sans autrement d'explication, les parties lucides et élevées de notre nature, est un trait et une partie de la vérité. Tout ce qui est grand et nécessaire est article de foi, affaire d'instinct, nous pénètre et nous gouverne, quoi que nous en ayons. La Hberté aussi bien que la religion peut revendiquer ces jugements du cœur,

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