‹ Le gouvernement représentatifChapitre 23 sur 61 · INTRODUCTION. XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXIII

produire en général le principe de Tulile, ni même à Tautorité de Hobbes. Il faut préciser et borner la question. — Étant donné un peuple où l'appétit de Tutile est l'impulsion capitale, où l'idée de l'utile est la philosophie dominante, que Ta-t-il sortir politiquement de ces mœurs et de ces doctrines? Comment par exemple vont-elles marquer leur présence dans l'appareil représentatif? La réponse n'est pas douteuse. Si les intérêts sont des droits, tous les intérêts doivent être représentés. M. Mill n'y résiste nullement: Oui^ dit-il, la souveraineté appartient à F agrégation tout entière,., la raison en est que chacun est le meilleur gardien de ses droits et de ses intérêts. Soit : mais il y a des esprits chagrins et ombrageux : ils vont vous dire que ceci est le règne du nombre, c'est-à-dire la souveraineté du pauvre et finalement la spoliation du riche. — Voilà, pensez-vous, une prévision bien outrée, bien violente ! Peut-être... il me semble qu'il y a une attraction invincible entre ces deux termes : souveraineté et propriété. Je ne sais pourquoi ce vers de Corneille me revient à l'esprit :

Il est des nœuds secrets, de douces sympathies...

N'y a-t-il pas quelque chose comme cela pour entraîner le pouvoir vers la richesse? cette annexion semble écrite. Ce qu'on voit en général dans l'histoire, c'est le riche, le propriétaire se faisant souverain : Thucydide nous apprend qu'Agamemnon était le plus riche des Grecs. Mais ce qu'on pourrait aussi bien voir, c'est le souverain se faisant propriétaire. Le peuple, le nombre, pour en venir

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