INTRODUCTION. XXXIX
« l'œuvre de vos institutions. Avec cette manière « de voir, je ne puis véritablement regarder Jeffer- « son comme un des bienfaiteurs de l'humanité . . . »
M. Mill a fortement prévu ce péril, cette infirmité du gouvernement représentatif ; ce sont les expressions dont il se sert tout le premier. Il y met ordre : 1** en excluant du suffrage quiconque ne sait ni lire, ni écrire, ni compter ; 2* en accordant plusieurs suffrages à certaines catégories de personnes, pour leur intelligence présumée ; de telle façon que l'équilibre se trouve rétabli à ses yeux entre les intérêts du nombre et les intérêts de la propriété. C'est le suffrage universel, mais inégal : il y a des exemples de cette inégalité dans les élections .paroissiales de la Grande-Bretagne, où la même personne peut voter jusqu'à six fois.
Ce que vaudrait ce système dans la région politique; s'il s'abstiendrait déporter le débat aux racines même de la société et de conclure à une nouvelle répartition des richesses ; si des intérêts ennemis et armés pour la lutte aimeraient mieux une transaction (ce qui pourrait bien être une pure hypothèse) qu'un conflit à outrance, que des lois exclusives et passionnées au profit du plus fort (il faut bien qu il y en ait un). . . ,nul ne peut le prédire.
Je vois bien que dans ce système on fait grand état de l'espçit pour tenir le nombre en échec : et j'avoue que l'esprit est une force qui peut être morale et résister aux immoralités, aux violences du nonabre. Mais pourquoi n'en serait-il pas complice ? l'esprit n'implique pas nécessairement le sens moral, n'exclut pas nécessairement la pas-