‹ Le gouvernement représentatifChapitre 27 sur 61 · XL INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XL INTRODUCTION

sion. L'homme le plus intelligent peut trouver son compte d'argent ou de vanité à servir les masses, à les mener partout où elles tendent. Il peut même s'y porter de toute sa conscience, soit que les masses aient la justice pour elles, soit qu'elles en fassent l'illusion à un esprit droit et perçant^ mais emmanché de tempérament, d'indignations* de sympathies furieuses.

J'avoue encore que les classes admises au droit politique y prendront un développement marqué d'intelligence et d'expérience : cet avantage est capital, pas moins qu'une création. Mais aussi bien il y a là une carrière ouverte aux sentiments les plus équivoques. Des gens qu'on y appelle au nom de leur intérêt pourraient bien y faire acte d'égoïsme, acte constant et systématique. On peut soupçonner que ce qu'ils apprendront le plus vite, c'est le profit à tirer de leur souveraineté. Vous me dites bien comment l'esprit vient aux peuples ; mais d'où leur viendra l'empire sur soi-même, la mesure dans le triomphe ?

' A d'autres égards encore on pourrait douter de ce que vaut l'utile comme principe politique : voyez plutôt les excès où il mène le plus logiquement du monde I

Il veut le gouvernement direct comme la plus haute certitude que puissent avoir les intérêts de se faire compter selon leur taille et leur nombre : il vous dira que la représentation est une trahison.

A défaut de gouvernement direct, il veut au moins le fédéralisme où les intérêts gardent tout près d'eux la juridiction, la fiscalité, les lois civiles et criminelles, les travaux publics.

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