‹ Le gouvernement représentatifChapitre 4 sur 61 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

comme dit Pascal. Où en serait Tespèce humaine, inculte et irréfléchie comme elle Test, si ce dont elle a besoin lui devait venir par voie de syllogisme seulement, si elle n'était pourvue de certains dons spontanés, de quelque intuition pour découvrir ses fins, sa discipline, et surtout ses droits? tous tes préjugés n'ont pas tort : ils sont en nous et ne sont pas de nous, une révélation peut-être... On peut les suivre jusqu'à un certain point, les consulter au moins, par la même raison que les Orientaux honorent les fous, conduits par Dieu puisqu'ils ne se conduisent pas eux-mêmes. ^Toutefois, il y a en nous d'autres principes de conviction et de conduite que le sentiment, quand ce ne serait que la Raison ; une faculté à double impulsion — tantôt découvrant des faits dont Fensemble constitue une preuve, une loi — tantôt prenant au plus haut de nous-mêmes quelque principe, quelque axiome qui à lui seul fait règle et autorité.

Cela fait deux jugements de la raison, deux manières de conclure. Or, pour prendre tout d'abord une haute idée du gouvernement représentatif, il faut le considérer dans ses produits historiques, plutôt que dans ses sources logiques : il est plus sûr de le juger au point de vue des faits et des résultats qu'en théorie pure. Cela peut sembler étrange, mais la voie synthétique, l'allure à priori n'est pas celle où l'on comprend le mieux tout ce qu'il vaut. En revanche ses mérites éclatent, pour peu qu'on y applique l'analyse et qu'on le regarde pour ainsi dire avec les yeux de la tête.

A la lumière et à la chaleur de ce régime, vous

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