‹ Le gouvernement représentatifChapitre 30 sur 61 · INTRODUCTION. XLIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XLIII

« Nous avons du béotisme dans le détail, c'est « vrai ; maisi, si nous n'étions là pour fonder et « pour limiter tant bien que mal le droit politique, « ce droit ne serait nulle part ou serait partout.... « Que vous en semble ? cela cesse d'être plaisant. » D'ailleurs, ces règles ne sont pas plus fantasques que tout autre combinaison où il s'agit, soit de peser un homme en sa capacité, soit de parquer un droit dans là limite d'un délai. D'où vient que je suis majeur et la proie légitime des usuriers, aujourd'hui qu'a sonné ma vingt et unième année; tandis que je ne l'étais pas hier? Que s'est^il donc passé en moi depuis vingt-quatre heures pour m'élever à cette dignité ? On ne peut s'enrôler avant dix-huit ans révolus, ni tester avant seize ans révolus, ni se marier de son seul aveu avant vingt-cinq ans révolus : êtes-vous donc sûr que la valeur et le discernement aient attendu cet âge précis, et que leur saison commence à jour fixe? — et les délais ! c'est chose indispensable pour en finir avec les droits auxquels il platt de s'oublier, de sommeiller, et qui éclateraient comme une perturbation le jour où il leur plairait de reparaître : les délais ;dis-je, sont nécessaires; mais qui pourrait donner une raison nécessaire de leurs dimensions ? Pourquoi la prescription s'obtient-elle par trente ans plutôt que par vingt-neuf ou par trente et un ? Il n'est pas plus déraisonnable, dans l'assiette des droits poUtiques, d'user d'approximation pour apprécier la valeur morale des hommes. Le fait est qu'il faut des règles en certains cas, et leur vice inévitable vaut mieux que leur absence.

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