‹ Le gouvernement représentatifChapitre 31 sur 61 · XLIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION

Ces explications sont plausibles. Mais il reste à savoir si le suffrage restreint n'a pas un traversodieux qui est de laisser au dépourvu les intérêts populaires, en les tenant à Técart du droit électoral. Les lois étant faites par les élus du petit nombre ne seront^elles pas uniquement à son profit. . . Non pas peut-être avec un oubli volontaire^ mais avec une insouciance toute naturelle des classes les plus nombreuses, de ces existences précaires, de ces humbles destinées, qui font les frais et qui portent les ombres de la prospérité publique ?

Toute loi devrait être un allégement de leur condition. Le socialisme est une ,vérité quand il signifie application spéciale de la politique au bien des masses. Or, jamais la politique n'aura cette vertu, jamais le législateur ne prendra cette tutelle, si le mandat populaire ne leur en fait une nécessité.

Cette conclusion est excessive, diront les partisans du suffrage restreint. N'oubliez pas que nous attribuons le droit politique à l'élite du pays, d'après des règles qui ne sont pas infaillibles, mais qui produiront toujours quelque défense et même quelques triomphes de l'intérêt populaire. La garantie ne semble pas riche ni assurée. Cependant quelques indices feraient croire qu'elle est efficace. L'abolition des lois céréales a été votée en Angleterre par les pouvoirs, par les classes qui avaient le plus d'intérêt à leur maintien. Le même pays fait à ses pauvres, encore qu'ils ne soient pas souverains, une liste civile de 200 millions. En France, quelques faits sont à noter, de moindre importance, mais de même nature : telles sont les

Page 1