INTRODUCTION. IX
apercevez les plus riches efflorescences de bienêtre universel, de richesse concentrée, de territoire, de puissance au loin, de forces productives. Que Ton compare entre elles deux nations ou deux époques de la même nation, ce jugement est infaillible : la plus forte en œuvres, c'est la plus représentée, la plus libre, si vous aimez mieux.
Remontez seulement au siècle dernier et regardez ces deux peuples qui bordent la Manche : Tun laissant déchoir ses armes, dépérir ses manufactures, échapper ses colonies, payant de la Bastille ou de réchafaud ses plus hardis proconsuls, sans voix et sans compensation au partage de la Polo- :gne dégénérant en marine secondaire, congédiant le dernier des Stuarts, réduit pour toute alliance À TEspagne, l'impuissante Espagne, qui fut la première alliée du Comité de salut public!... tandis •que Tautre prend le Canada, les Indes, les mers, •créant le droit maritime que bon lui semble, et •cela sans se détourner un instant des affaires de l'Europe, mêlé à tout ce qui s'y passe bien moins par le Hanovre que par la plus vigilante ambition ; y choisissant ses alliances, du droit qu'on a quand on paye ses alliés ; dépensant trois miUiàrds dans la guerre de la succession d'Autriche, et Quatre milliards dans la guerre de sept ans ; laissant dire ses économistes qui se mettent jusqu'à vingt-deux (sir John Sinclair en a fait le compte dans son Histoire de l'Impôt) pour lui prédire la banqueroute ; descendant à tout propos sur le continent, non-seulement sous forme de subsides, mais avec le poids de Malborough, de Cumberland, •de Wellington, etc.