DES FONCTIONS QUI APPARTIENNENT, ETC
de ses mauvaises mesures, avant qu'ils aient atteint la dimension de maux publics : les ministres et les administrateurs voient approcher ces inconvénients, et ils ont Tennui et la peine d'y chercher un re* mède.
Le devoir propre d'une assemblée représentative, quant aux matières d'administration, n'est pas d'en décider par son propre vote, mais de veiller à ce que les personnes qui en décideront soient les personnes voulues, et elle ne peut même pas faire cela d'une façon avantageuse^ en nommant les individus.il n'y a pas d'acte qui veuille plus impérieusement être accompli sous le poids d'une grande responsabilité individuelle, que la nomination aux emplois publics. Uexpérience de toute personne familière avec les affaires publiques, vient à l'appui de cette assertion, qu'il y a peu d'actes où la conscience d'un homme ordinaire soit moins délicate, et qu'il y a peu de cas où on fasse moins d'attention aux capacités; moitié, parce que les hommes ne voient pas la différence qu'il y a entre les capacités d'unepersonne et celles d'une autre; moitié, parce qu'ils ne s'en inquiètent pas. Quand un ministre fait un de ces choix qui passent pour honnêtes, c'est-à-dire quand il n'abuse pas de cette occasion au profit de ses relations personnelles ou de son parti, un ignorant va peut-être supposer qu'il sera tenté de donner la place à la personne la plus capable de la remplir. Point du tout.
\n GOUVERNEMENT REPRÉSENTATIF.
Un ministre ordinaire se regarde comme un miracle de vertu, s*il donne la place à une personne qui a du mérite ou un droit quelconque à la reconnaissance du public, quoique le droit ou le mérite puisse être tout l'opposé de celui qu'il faudrait. « Il fcUlait ,ttn calculateur, ce fut un danseur qui V obtint, » le mot n'est guère plus une caricature aujourd'hui, qu'il ne rétait du temps de Figaro, et le ministre estime sans doute que non-seulement il est sans reproches, mais encore qu'il mérite des éloges, si l'homme danse bien.
En outre, les aptitudes qui rendent certains individus propres à remplir certaines fonctions ne peuvent être aperçues que par ceux qui connaissent ces individus, ou bien par ceux qui se font un devoir d'examiner et déjuger les gens d'après leurs œuvres ou d'après le témoignage de personnes qui sont en position d'en juger. Quand ces obligations consciencieuses sont tellement négligées par de hauts fonctionnaires publics qu'on peut rendre responsables de leurs nominations, que serait-ce de la part d'assemblées sur lesquelles on n'a pas cette prise ? Aujourd'hui même, les pires nominations sont celles qu'on fait pour gagner un appui ou pour désarmer l'opposition dans le corps représentatif; à quoi pourrions-nous nous attendre, si les nominations étaient faites par le corps lui-même? Les corps nombreux ne s'inquiètent jamais des aptitudes spé-