‹ Le gouvernement représentatifChapitre 6 sur 61 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

Ces destinées si diverses ont une explication bien simple : c'est qu'en France le gouvernement se faisait absolu et irresponsable, tandis que parmi les Anglais il passait à la nation, de plus en plus libre, maîtresse d'elle-même, représentée enfin.

Jusqu'à la fin du xvii*' siècle, tout s'était balancé entre les deux pays, richesses, colonies, manufactures^ grandeur militaire et navale ; on peut même dire qu'à ce dernier égard l'avantage était du côté de la France. Mais, à partir de cette époque, la fortune des deux peuples fut comme leur liberté. La Grande-Bretagne, purgée des Stuarts, ne cesse de grandir ; mais la France, visiblement maléficiée, semble perdue de langueur et d'épuisement, à subjr l'aggravation de «a monarchie et la ruine totale des libertés qui n'étaient pas étrangères à sa tradition. Tandis que la Grande-Bretagne, restituée à elle-même, se redressait dans ses proportions naturelles, la France, identifiée à ses rois, n'eut désormais que leur taille, celle de Louis XIV sur ses fins, du régent, de Louis XV. Laissons là leurs vices qui leur ont été reprochés de reste. Ce n'est pas que leur cynisme, outre leur immoralité, ne soit infiniment répréhensible : il me semble qu'ils auraient bien pu faire quelques façons avec les apparences qui veulent être sauvées, avec le monde qui veiU être trompé, comme dit le cardinal de Retz. Mais après tout un polygame tel que Salomon, un veuf comme Henry VIII, peuvent être de grands rois, bâtir des temples, changer la religion, laisser un renom de sagesse et non moins de proverbes que Michel Cervantes. Tout autres furent les souverains aux-

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