‹ Le gouvernement représentatifChapitre 52 sur 61 · DE LA DURÉE DES PARLEMENTS · texte numérisé non relu

DE LA DURÉE DES PARLEMENTS

rappelle constamment au membre la nécessité d'être en rapport avec ses commettants.

Quel que soit le terme le meilleur pour la durée du mandat, il pourrait sembler naturel que chaque membre abandonnât son siège à Fexpiration de ce terme (en le faisant courir du jour de son élection) et qu'il n'y eût pas un renouvellement général de toute la chambre. On pourrait parler beaucoup en faveur de ce système, si Ton avait, en le proposant, quelque but pratique. Mais il est condamné par des raisons beaucoup plus fortes que celles qu'on pourrait alléguer à son appui. Une de ces raisons c'est qu'il n'y aurait aucun moyen de se débarrasser promptement d'une majorité dont la conduite serait nuisible à la nation. La certitude d'une élection générale après une période limitée qui souvent serait presque expirée, et la possibilité de cette élection toutes les fois que le ministre la désire pour lui-même ou croit par là se rendre populaire, ont pour effet probable d'empêcher cette grande divergence entre les sentiments de l'assemblée et ceux des collèges électoraux, qui pourrait subsister indéfiniment, * si la majorité de la chambre avait toujours plusieurs années devant elle, si elle rece- ^^it goutte à goutte de nouvelles infusions, lesquelles probablement prendraient plutôt qu'elles ^e modifieraient l'esprit de l'assemblée. Il est. ^ussi essentiel que le sentiment général de la

chambre soit d'accord en gros avec celui de la nation, qu'il est essentiel que les individus distingués puissent, sans perdre leur siège, exprimer librement les sentiments les plus impopulaires. Il y a une autre raison très-puissante contre le renouvellement graduel et partiel d'une assemblée représentative. Il est utile qu'il y ait une revue générale et périodique des forces opposées, pour mesurer l'état de l'esprit public et pour juger avec toute certitude de la force relative des différents partis et des différentes opinions. On n'y arrive pas d'une manière décisive avec un renouvellement partiel, môme lorsqu'une portionnombreuse de la chambre, lec inquième ouïe tiers, est renouvelée à la fois, comme dans quelques-unes des constitutions françaises.

Les raisons qu'il y a pour accorder à Y exécutif k pouvoir de dissolution seront examinées dans un chapitre subséquent, relatif à la constitution et aux fonctions de Y exécutif dans un gouvernement représentatif.

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