INTRODUCTION. XI
quels on faisait allusion en premier lieu : d'affreux égoïstes, de vrais Mérovingiens, de purs Orientaux pour la fainéantise et le fatalisme ; de telle façoa qu^au lieu du Titan qui eût été nécessaire pour porter le poids de la monarchie alors qu'elle se faisait absolue, la France eut simplement un reste de grand roi et la fin des Bourbons, aussi défaillants, aussi propres à tout perdre que l'étaient les Valois deux siècles auparavant.
La France, douée comme on sait, est le dernier pays qui devrait abdiquer au profit d'un monarque. Comment pourrait-elle trouver l'équivalent d'elle-même dans un homme, ne l'ayant pas trouvé dans une classe, je veux dire dans la noblesse subie à bon droit partout ailleurs comme classe gouvernante? L'instinct démocratique n'est pas pure envie : il tient aux supériorités naturelles répandues chez un peuple, qui par cela même supporte mal les supériorités factices établies par la loi. Tel fut l'instinct de l'Italie au moyen âge : on sait ce qu'elle fit de la noblesse. Par là, une démocratie comme la France doit être encore plus hostile à la monarchie absolue qu'à l'aristocratie : car un grand monarque, cet accident heureux, comme disait un Czar, est encore plus accidentel dans une famille, que le génie de gouvernement dans une classe.
Nous avons parlé de traditions interrompues en ce pays par le despotisme qu'y établit Louis XIV. C'est beaucoup dire, et ce langage n'est pas sans jactance. Il y a eu chez nous des apparitions plutôt que des traditions de liberté, et l'on sait