‹ Le gouvernement représentatifChapitre 8 sur 61 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

qu'en 88 il fallut faire appel aux érudits pour retrouver une loi électorale. Le fait est que notre histoire ne nous enseignait nullement la liberté. Le jour où la France voulut être libre, elle eut tout à créer, tout à inventer dans cet ordre de faits ; ce qui est une situation violente dans un monde où la loi de continuité n'est pas moins certaine que la loi du progrès. Cependant, il faut marcher, l'avenir appelle les peuples. Quand on n'a pas pour cela l'impulsion du passé, il faut bien se confier à la Raison : à moins de marquer le pas éternellement, ce qui est une solution maussade et non moins chimérique que le pur essor dans ïes espaces de la théorie.

Il vaut mieux échouer à l'œuvre de progrès que d'en désespérer: car l'effort est un précédent, l'insuccès lui-même est un premier pas. Ce que tout un peuple a voulu, l'eùt-il voulu trop tôt, est un bien qui mûrira pour lui, qui récompensera un jour ses grandes et dispendieuses aspirations.

Telle fut en 89 l'audace de la France. Il y avait en ce temps-là une croyance universelle aux droits humains, une confiance non moins universelle dans la raison comme capable de les conquérir et de les rédiger. Les droits des hommes réunis en société y disait Turgot, ne sont pas fondés sur leur histoire, mais sur leur nature.

Jamais il ne fut tant question de la nature et de la yaison qu'au dix-huitième siècle. C'était ce qui manquait le plus : l'avantage de la société sur ses gouvernements fut d'être la première à sentir par où elle péchait, et de le proclamer par tous ses tribuns. Écoutez Mirabeau : // n'y a d'immuable

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