RESUME ET CONCLUSIONS
[ — Continuant le remarquable travail de M. G. Dupont sur l'oxydation autocatalytique de l'acide abiétique, nous avons montré par une étude cinétique de l’oxydation à volume constant et à pression constante, que ce mécanisme est assez général et qu'il s'applique très bien à divers composés à liaisons éthyléniques et à plusieurs aldéhydes.
Nous avons montré aussi que les anomalies constatées avec beaucoup de ces corps étaient dues à deux facteurs : la désactvation de l’oxyde primaire AO et l'accumulation des peroxydes.
IH. — Nous avons étudié l’action de deux types de catalyseurs positifs : l’abiétate de cobalt et l’osmium colloïdal sur des corps présentant l’autocatalyse dans l'oxydation, en particulier sur l’acide abiétique.
Avec un catalyseur du premier type nous avons montré que :
a) l'oxydation à une allure autocatalytique comme l’oxyda-
tion directe, mais très accélérée;
b) l'oxydation se fait en deux stades : le premier conduisant à un oxyde AO, le deuxième à un oxyde AO qui subit lui-même plus lentement une oxydation plus avancée;
c) la vitesse d'oxydation est proportionnelle à la quantité de catalyseur pour les teneurs relativement élevées;
d) pour les faibles teneurs, le catalyseur devient au contraire antioxygène.
Etudiant l'oxydation propre de l’abiétate de cobalt, nous avons montré qu'il ne s’oxydait que très lentement, tant
qu'il n’était pas en présence d’un fort excès d'acide abiétique.
Par l'étude des spectres d'absorption de diverses solutions d'abiétate de cobalt et d'acide abiétique plus où moins oxydé, nous avons mis en évidence une association abiétate de cobalt-acide abiétique oxydé qui paraît être le véritable catalyseur de l’oxydation.
L'étude d’une catalyse par l’osmium colloïdal a permis de voir que le mécanisme de catalyse positive habituellement envisagée pour les corps oxydables sans autocatalyse, peut s'appliquer aussi aux composés oxydables autocatalytiquement.
IT. — Il nous à semblé possible de classer les COTPS à action antioxygène en trois catégories :
a) les corps très peu oxydables agissant par combinaison
avec l'agent actif de l’autocatalyse;
b) les corps oxydables seulement par l'oxygène des per-
oxydes;
c) les corps autoxydables.
Dans une étude approfondie d’un corps antioxygène du premier type (l’hydroquinone) agissant sur un catalyseur prooxygène (l’abiétate de cobalt) nous avons démontré
1° que l’action antioxygène de l’hydroquinone est due à une association moléculaire non active entre l’hydroquinone et l’oxyde intermédiaire qui intervient comme agent actif de l’autocatalyse;
2° que l’action prooxygène de l’abiétate de cobalt est également attribuable à une association : moléculaire active entre ce catalyseur et l’oxyde actif intermédiaire : association qui a en même temps pour effet de protéger cet oxyde de l’évolution au moment de sa formation, vers une forme inactive.
Nous avons cherché d'autre part à expliquer par l’autocatalyse l’action antioxygène de certains corps oxydables seulement par les peroxydes, tels que le sulfate d’indigo et l’arsénite de soude.