L'OFFICE DES MORTS AU X*" SIÈCLE
Fin du 3* nocturne, d'après un rituel italien, originaire d'Asti (Paris, Bibliothèque Mazarine, ms. 525, f" 8:i). Cette page contient les deux Libéra: on remarquera que le second n'a pas encore Taddition du Dum veneris (voir p. 278). Comparez avec l'Edition Vaticane de VOfficium pro defunctis, p. 5o et 5i. Entre ces deux chants, le beau répons Rogamus te, reproduit par les Vnriae Preces, p. 233 de la 3^ édition, Solesmes. 1892.
'»'iii;niui'K» .n'ulfili lofjJi'i un #>4!fjB'b ,oiriu]'jon *K ub ni ii.H liïB.veU Joildifl ,.;iif54) flêA'b
£lb •
/o^b as'j aiJiia .m, Js; wé. «mvwJanu^sbionq wuitjJ^HD-i H'»I 'ir.q Jijjbtnq'ii "
X^^ct^^MnA^ttu^Tym
n«ATu»H»^ • . / vue**»» uKa; >rui>-c4F fii|»cru«A. «M:
■cTnumi»t«A-B4
H*;5» piet-«c«q»«-iKff»tf*4<jL^ee£Ai*nnA
**«1u<«r^frt«e-A(lWAt3Unftt«r>t4in /
■"■il
; .-^T^ ^-^^^ -1--^ ~-:<yY .t -/^. :• .'^ 7 - • /
LES ÉDITIONS CAROLINGIENNES 97
rents exemplaires envoyés de Rome. Car, suivant les diverses ésrlises, ils avaient entre les mains :
a) L'Antiphonaire grégorien, tel qu'il avait été apporté à Metz, par S. Chrodegang, et ailleurs par d'autres, vers 7^0;
b) Les additions des vii^, viii® siècles et les pièces diverses qu'avaient fait connaître les chantres romains à Rouen, à Metz, à Soissons, etc.;
c) L'Antiphonaire grégorien, selon l'édition donnée par Adrien ;
d ) Les additions diverses qu'il avait reçues de Rome depuis, offices et fêtes nouvellement « concédés », comme on dirait maintenant;
ej Enfin, les nombreuses variétés qu'avaient introduites, dans l'une ou l'autre édition, les églises franques, avec leurs particularités diverses.
Lorsqu'on se bornait à marquer dans l'Antiphonaire le natale du saint patron, cela au moins n'entamait pas l'intégrité du livre; mais combien cette sage réserve était dépassée! Toutefois, hâtons-nous de le répéter, on ne touchait qu'avec une extrême réserve à l'Antiphonaire des messes : la beauté de son ordonnance et de ses mélodies le préservait. Et, grâce à cela, les chants de la messe purent continuer de voir rayonner, intacte, la renommée du nom de Grégoire le Grand.
Mais, avec le responsal, on se dédommageait. Des pièces, disparues de l'usage depuis longtemps,
98 LE GRADUEL ET L'A^'TIPHONAJRE ROMALNS
et puisées, quant au texte, à des sources très douteuses ou tout au moins très mêlées, amenaient des réclamations. Divers écrits du ix*' siècle nous en font connaître, en les déplorant ; des découvertes modernes ont confirmé, en partie, leur jugement ^
Après moins d'un demi-siècle de ce régime, sentit-on le besoin de remédier à la confusion grandissante. Des réclamations, puis des controverses violentes s'élevèrent, et les projets de correction de l'Antiphonaire amenèrent, parmi le haut clergé français, 1' u affaire )> fameuse d'Amalaire et d'Agobard.
Vers l'an 826, l'un des principaux personnages ecclésiastiques de l'empire franc, élève d'Alcuin, bien connu déjà par sa valeur liturgique, auteur d'un De officiis ecclesiasticis intéressant, Amalaire de Metz, ancien archevêque de Trêves, se fît ou se laissa confier, par Louis le Débonnaire, le soin de remédier à cet état de choses 2.
Il devait compiler, à l'usage de nos églises, sur la base des meilleurs exemplaires romains qu'il pourrait trouver, un Antiphonaire de l'office, sans s'occuper de celui de la messe, où l'œuvre de saint
> Voyez en particulier Dom Morin, dans Revue Bénédictine, XXII, 329 et s. Cf. Dom Cabrol, Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, I, 974.
« Consultez, sur Anialaire,'je Dictionnaire de Duni Cauroi,, I, 1Z2Z à i33o.
LES ÉDITIONS CAROLINGIENNES 91)
Grégoire parut toujours si parfaite, qu'on n'y avait point osé toucher, sinon dans une faible mesure.
Amalaire crut pouvoir faire le travail aisément^ et profita d'un voyage à Rome pour se documenter sérieusement auprès des personnages de la cour pontificale, et du pape lui-même. Il avait bien l'intention d'en rapporter un Antiphonaire : il n'y en avait point, dans le moment, de disponible.
De retour, il se mit au travail, mais perdit pied dans les copies variées dont nous venons de parler et dont les divergences — cependant explicables — ne lui laissaient pas en pénétrer les causes. Il prit alors pour base l'Antiphonaire suivi à Metz depuis le temps de saint Chrodegang, mais, avec les années, augmenté, y juxtaposa les pièces d'un Antiphonaire de Rome — édition d'Adrien — envoyé à Tabbé Wala, de Gorbie, par le pape Grégoire IV, sefforçant de corriger l'un par l'autre, y ajouta enfin les pièces recueillies çà et là, parmi les meilleures ou les plus usitées. Il y avait donc désormais, de l'Antiphonaire de l'office, à côté de r « authentique grégorien » et de la revision d'Adrien, une troisième édition, celle d'Amalaire; l'auteur prit le soin de justifier son œuvre, en exposant les principes de critique par lui suivis, dans un ouvrage De ordine antiphonarii^.
» Pair. Lai., t. CV, col. 1243.
Évidemment, comme chez la plupart de ses contemporains, le sens critique d'Amalaire n'était pas extrêmement pénétrant; habile dans la façon de juger des meilleures leçons d'un texte*, renseigné et outillé comme il Tétait, le nouvel éditeur fut cependant incapable de se rendre compte de ce qui formait, dans les manuscrits qu'il avait, l'œuvre orisrinale. Son travail fut donc moins une revision qu'une compilation; d'ailleurs, ce qu'il chercha, au fond, ce fut en effet de rassembler, dans un livre commun, en les mettant au point, le plus d'usages divers qu'il le pourrait.
Le tout était terminé entre 83 1 et 833.
L'occasion se présenta bientôt pour lui d'essayer son œuvre ^. Le fougueux archevêque de Lyon, Agobard, que ses menées politiques avaient placé dans le parti opposé à l'empereur, avait dû partir en exil. Amalaire fut chargé d'administrer le diocèse pendant son absence. Il crut le moment choisi, pour mettre en vigueur son Antiphonaire, mais se heurta à une résistance acharnée de l'archidiacre Florus. Ce dernier mena une telle campagne, et manœuvra si bien, qu^au bout de deux ans il obtenait le rappel d'Amalaire et le retour d'Agobard. Tous deux alors s'unirent, et déchaînèrent contre Amalaire, de concert avec d'autres Lyonnais, une polémique
1 Dom ('.Auuoi., op. cit.^ col. iZq.-j à 1329. * /</., 97 '-979-
LES ÉDITIONS CAUOLINGIENNES 101
excessivement violente et injurieuse* ; elle aboutit, en 838, pendant la diète de Kiersy, à demander — et à obtenir — à cause de certains textes d'antiennes et de répons recueillis par Amalaire, sa condamnation comme hérésiarque.
L'Antipiionaire d'Amalaire avait vécu. Or, Ap^obard, mis en goût par l'idée que celui-ci avait tenté de mettre à exécution^ la reprit pour son propre compte. Sesprincipes, toutefois, furent absolument le contraire de ceux d' Amalaire. Et loin d'essayer de réunir entre elles des versions différentes, il s'efforça de couper dans le vif non seulement ce qui pouvait donner lieu à controverse, mais encore ce ({ui ne cadrait pas avec ses propres idées. Il se trouva amené ainsi à supprimer toute une partie des pièces les jdIus authentiquement grégoriennes, en usage dans l'Eglise depuis longtemps.
Devant l'emportement qu'excite en lui la hantise d'hérésie, à l'égard de certains répons et antiennes^ Agobard en arrive à dénier que Grégoire le Grand ait pu être l'auteur d'un pareil ouvrage ! « Vraiment, de ce que le nom de Gre(/orius praesul soit ])\acé au titre du susdit livre, certaines gens pensent de là
• Un passage de la lettre De divina psalmodia (Pair. Lat.y t. CIV, col. 325) donne une idée de la courtoisie d'Agobard contre Amalaire : Quia nuper sLiillus et iniprohiis, ipsaque slultiiiaet improbitate sua,.. Le reste est dans le même goût.
qu'il fut composé par le B. Grégoire. Pontife romain et très illustre docteur 1.» Cependant, quand il lui plaît de s'en servir, il accueille volontiers la tradition grégorienne: si le pape Grégoire a réformé la liturgie de Rome, pourquoi lui, Agobard, ne réformerait-il pas celle de Lyon ? Telle était l'outrecuidance du personnage, qu'il en arrivait à ne plus se rendre compte que cette liturgie n'était autre que la liturgie romaine, comme en font foi tous les titres anciens de cette église.
Aussi, il ordonne, dans son diocèse, de supprimer de l'Antiphonaire tant de la messe que de l'office, tout passage poétique, toute hymne 2, tout chant populaire, toute pièce dont le texte ne serait pas exactement tiré de l'Ecriture Sainte ^. Agobard, dans une orthodoxie farouche, avait liturgiquement l'âme d'un Cçilvin.
1 De correctione Anliphonarii (Pair. Lat., CIV, col. 829 et s.). L'inconséquence d'Aj^obard éclate à chaque instant : il admet parfaitement un peu plus loin que ranti|)honaire est dû à saint Grégoire, mais il distingue ce qui, dans ce livre, n'est pas, d'après lui, de saint Grégoire. En général, c'est tout ce qui n'est j)as extrait des psaumes. Le reste, ce sont « superlluités, légèretés, mensonges, blasphèmes». Ne croirait-on pas lire un protestant du xyi*^ siècle ?
* Cette inconséquence est, d'ailleurs, ))erpétuelle, iniisque, condamnant ici les hymnes, ailleurs il s'en sert comme de références apologétiques : Ilaec osl fidos cl .s/x'.s catholicae Eccle- .sine... ps.drnis cl hymnis prac<lic;it;i (Scrmo de fîdci vcritale^ XIV ; P.'Ur. Lai., l. (AV, col. •277).
=' Lettre pastorale De divina psalmodia.
LES ÉDITIONS CAROLINGIENNES 103
Sa violence et son àpreté no purent définitivement triompher.
Par un juste retour des choses d'ici-bas, tandis qu'il faisait condamner Amalaire coupable d'avoir essayé de corriger l'Antiphonaire, et tentait de faire supprimer toutes ses œuvres (!), la « quatrième édition » rêvée par Agobard n'eut aucun succès. Vraisemblablement, sa tentative ne dépassa pas les limites de son diocèse, de sa ville épiscopale plus probablement : elle tomba bientôt dans l'oubli.
Il semblait donc que les positions des deux aversaires, et le parti qu'ils soutenaient, n'eussent pas avancé d'un pas. De fait, personne, à l'époque, ne semble s'être mesuré à une réforme d'ensemble de l'Antiphonaire.
Mais comme, dans la querelle, Agobard représentait, en somme, l'esprit de parti et la violence, et Amalaire le bon sens, les idées de l'archevêque de Lyon furent rapidement mises dans l'ombre.
Tout au contraire, si le travail d' Amalaire n'eut officiellement aucune suite, son De ordine antiphonarii, où il avait précisé sa méthode, conquit la faveur des liturg-istes. A partir de ce temps, chaque église, indépendamment des autres, travaille ellemême, sur les bases prônées par Amalaire, à la correction de l'antiphonaire dont elle se sert. Puis, peu à peu, par des emprunts réciproques, se
lOi LE GRADUEL ET L'ANTIPHONÂIRE ROMAINS
constitue le remarquable répertoire, à peu près partout semblable, qui, dans tout le cours du moyen âge, sera le fonds de ce qu'on a nommé, depuis, la liturgie « romano-franque » ; elle rayonna sur TEurope presque entière et sur TOrient latin pendant bien des siècles, et finit même en partie par refluer sur Rome.
En résumé, bien que la plus grande partie du répertoire propre aux églises des Gaules ait lentement disparu, c'est encore au travail d'Amalaire qu'est principalement due la liturgie romaine traditionnelle, fusion et compromis heureux entre les deux écoles. Son influence s'est fait sentir sur le vocabulaire même des livres de chant.
Désormais^ le nom de Gradale, réservé d'abord au cantatorium, passe à tout l'Antiphonaire des messes, qui devient le « Graduel » (Gradale, Graduale, liber gradalis, gradualis). Le terme Antiphonale, (Antiphonarium, liber anliphonariiis), reste appliqué à la partie qui contient le chant des offices autres que la messe ; toutefois, il désigne plus particulièrement le livre qui sert à l'offlce diurne, où il n'y a presque que des antiennes, — d'où le terme d' « Antiphonaire-diurnal ». Enfin, le Responsor ialc (liber responsorialis) est la partie détachée de l'Antiphonaire, qui donne les offices de nuit, dont les répons forment la partie la plus importante.
LES ÉDITIONS CAROLINGIENNES 105
Tels sont, dans l'acception prise par Anialaire*, les titres des principaux livres de chant ; tels ils se sont perpétués jusqu'à présent, et avec le même sens.
NOTES ET DESCRIPTIONS
L'antiplionaire dit de a Charles le Chauve »•
C'est le très beau manuscrit conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris, latin 17.486. Il appartenait d'abord à l'abbaye de Saint-Corneille de Compiègne, fondée par Charles le Chauve (840-877), et l'on croit qu'il est dû à la libéralité de cet empereur. Ses caractères paléographiques et liturgiques ne vont point à l'encontre de cette attribution. 11 a été moitié utilisé, moitié publié par les Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés (Congrégation de Saint-Maur), dans S. Gregorii opera^ t. 111, p. 653 et s. (réimprimées dans Pair, Lat.y t. LXXVIII, p. 642 et s.), mais avec d'assez nombreuses fautes et méprises.
De format in-4^ environ, assez étroit et haut, il est écrit très soigneusement, en toutes petites minuscules carolingiennes. Les titres des pages de chaque partie — pièces de la messe et de l'office — sont recouverts de pourpre, et écrits en
' De ordine Anliphonarii, prologue.
capitales romaines et rustiques alternées, avec cadres ornés.
Le manuscrit renferme, à la suite l'un de Tautre, sans musique^ les textes de TAntiphonaire de la messe et de celui de l'Office, copiés de la même main, d'un seul jet ; pour le texte de l'office, c'est le plus ancien manuscrit qui en soit conservé. Il débute directement par le prologue Gregorius Praesul, habituel depuis la fin du viii^ siècle.
Le texte de la première partie est très pur ; il correspond à celui du manuscrit publié par Pamelius*.
Le premier verset de chaque introït est, d'après une très ancienne coutume, suivi d'un autre verset, précédé des lettres A. /?. (c'est-à-dire Ad Repetendum^)^ qui ont tant embarrassé ses éditeurs. On y a, après coup, noté au IV<^ dimanche de l'A vent, le nouvel introït Mémento nostr^P. Depuis que ce manuscrit a été édité, il a perdu un certain nombre de cahiers de Tantiphonaire de la messe,
1 Lilurffica Inlinorum, (:olo{5:nc, loyr, in-'i". Reproduit par les Bénédictins, op. cil., avec les variantes de Tantiphonairc de Compiègne ; on corrigera le lapsus que contient à ce sujet notre livre des Origines, p. 247-248, où une erreur de rédaction nous a fait surnommer « Vatican » le manuscrit publié par Pamelius, et qui n'y a aucun droit.
* Pour plus de solennité, on répétait l'introït aj)rès le premier verset; un autre verset suivait cette répétition, c'était le verset aJ repelc.ndum.
•' Voir plus haut, p. 93.
LES ÉDITIONS CAROLINGIENNES 107
depuis la fête de sainte Praxède, 21 juillet {Op. cit., p. 704; dans la Pair., col. 698), jusqu'à la fin de cette même partie. Il manque également un folio après le titre (entre les folios 2 et 3), et un autre après le titre de la seconde partie (entre les folios 82 et 33), ce qui a échappé à ses premiers éditeurs.
C'est au folio 3 1 v" que commence l'antiphonaire de l'office, édité au complet dans le livre mentionné (p. 782 ; Pair., col. 72.5). Cet antiphonaire peut avantageusement servir de références à l'ouvrage d'Amalaire, de ordine Antiphonarii^ il n'a pas en effet, en général, les pièces nouvelles de l'antiphonaire romain utilisé par Tauteur, mais possède, comme l'antiphonaire messin supplémenté, des offices des saints de notre région.
Il contient donc l'ordre romain, d'après des exemplaires antérieurs à l'époque d'Amalaire, et proches du milieu du viii^ siècle, avec l'addition de fêtes particulières à la France du Nord et du Nord- Est. Ces fêtes sont celles des saints Germain de Paris fo/>. cf7.,p. 800; Patr., c. 784); Médard (801 ; 784); Symphorien (819; 800); Maurice (824; 804 j; Vaast(827; 806); Denys (827; 807); Crépin et Crépinien (83o; 808); Quentin (83 1 ; 810) ; Brice (835; 8i3).
Dans les autres fêtes de saints, on remarquera qu'à part celles qu'on trouve partout, le scribe a
choisi, dans les antiphonaires romains, certains offices, et en a laissé d'autres. Ainsi, avec les nouveaux offices de saint Martin et de la Toussaint, il a emprunté à différents livres romains des antiennes et des répons pour les saints Valentin, Benoît, Georg-es, Tiburce, Hippolyte, Gôme, Damien et Thomas, chants qui sont tombés en désuétude, mais il n'a rien pour les saintes Agnès et Agathe De la présence ou de l'absence des offices de ces saints, on ne saurait rien conclure de leur présence ou de leur absence dans 1' « authentique » grégorien ; chaque église- de Rome célébrait ses propres saints *.
Ce manuscrit est également supplémenté, en beaucoup d'offices, par un certain nombre de pièces diverses, empruntées soit aux anciennes coutumes gallicanes, soit au rit monastique. Ainsi, le troisième nocture de Noël est suivi de dix-sept répons ad libitum; à l'Assomption, Tantienne de Benedictus est accompagnée de vingt-huit autres^ à choisir^ !
' Voir, sur le développement de ce culte, Batiffoi-, Histoire du bréviaire romain, p. g5 et s. (de la 3» édition) ; cf. les offices publiés par Tomasi, Opéra, t. V, et surtout l'antiphonaire de Saint-Pierre, p. 1-170. C'est ce très intéressant antiphonaire dont le chant archaïque a été étudié parDom Andoyer dans la Revue du chant ijrégorien^ XX, 69 et s. : le Chant romain antégréyorien.
' Ce manuscrit est le plus ancien qui contienne le texte du fameux répons Vadis propitiator, au Vendredi Saint, sur lequel
LES ÉDITIONS CAROLINGIENNES 109
Où Ton voit que ce beau manuscrit a été établi avec beaucoup de soins sur de bons exemplaires romains, c'est dans le détail de la cérémonie complexe et grandiose qu'Amalaire appelle le « glorieux ofiice* » de l'après-midi de Pâques, comme nous l'avons fait remarquer dans les Origines du chant romain^ p. 286, où l'on trouvera tous les textes de cet ordo avec annotations, p. 287-299-.
Enfin, sur quelques pages restées blanches entre les diverses parties de ce livre, on a ajouté, dans les années qui suivirent, diverses se'^ue/zce^ notées, les unes avec paroles, les autres vocalisées, dont une illustration du présent ouvrage fera connaître l'aspect (voir sur ce genre le chapitre suivant).
De deux mains différentes, ces séquences sont les suivantes :
F® 24 actuel , Summa pia gratia. C'est la
fin de la prose qui commençait sur le verso d'un des feuillets disparus, et dont heureusement les Bénédictins avaient transcrit le texte. C'est une prière demandant à Dieu sa protection contre l'in-
on peut consulter Dom Pothier, dans Tî. C. G., IV, 17, et VI, 17; Dom Cagin, dans Paléographie musicale, V, p. 25 et s., et Dom Andoyer, op. cit., XXI, 83.
' De ordine Anliphonarii, ch. mi (Pair. Lat., loc. cit., col. 1295).
* Pour compléter ce travail, ajoutons que nous avons retrouvé les mélodies du Lnpidem (cité p. 295) et du Qui confidunt (p. 297 , que donne entre autres le bel antiphonaire d'Albi (voir plus loin, p. 125).
vasion des Normands : elle était restée jusqu'ici absolument inconnue; nos recherches nous ont permis de la retrouver en entier, texte et musique^ et de la publier dans nos Variations sur la musique d'église (Paris, gr. in-8^, au Bureau d'édition de la Schola).
F° 29, un alléluia avec séquence alternativement vocalisée et chantée, Suscipe laus angelorum ; à la marge, indication du thème Adorabo minor. C'est le verset Adorabo de la dédicace, dont cette séquence est un développement. Le mot minor le distingue de la version plus ornée qu'on exécutait à la procession pascale.
F<* 3o, séquences Fulgens praeclara^ Gloriosa et Eia recolamus (yoït illustration). Au verso, un titre et huit lignes en « notes tironiennes », fragment de l'Évangile selon saint Luc ^
> Cf. Lege^dre, Éludes tironiennes, Paris, 1907, p. 03.
^rurftî
on
rOMMEM ON NOTAIT LES SKQUENCES AU X« SIÈCLE
Hoproduction du folio So de l'Aiitiphonaire de Compièg-ne, qui contient des parties ajoutées (voir p. iio). La photographie n'a pu reproduire les titres de la marge, qui sont ceux des séquences Fulgens praeclara; Gloriosa; Eia recolamus, toutes sorties de l'usage^ et inédites quant à la musique. Les paroles placées sous la mélodie, et alternant avec les vocalises, appartiennent à la première de ces proses, dont on trouvera le texte au complet, avec celui de la dernière, dans Ul. Chevalier, Poésie liturgique p. 6f) et ;^, Tournai, 1H94.
Cror-
in
((fnoD'éb eiiBnoflqiin/ I ')b t uh npiJonboiqofl
-•*oilq R.l .(oj I .qiiôv) aôèiuoifi âori'i/fsq ësh InsiJnoô rfiji •3i,i èS'ilîl iuhoiq'n uq, u'p 9iiJ<!
.9'/ )/ionn9iJinqq£ '!'•
09 M. . J-M jino > ue 9iX9J el •'• . .1.' jiHM ■ ,' ,rw M| >- !'>
•.u\>Mv>\\V\\ ■»i;',No^\ .t'jilfiV', -llfrft ,9'i<'îim9b 6l'9b
jj>^8r ,ififnuoT ^\\\ ia <><> .q
^ rX'fcd contre <iiC4^ ftrrnonthiiffctf-^ %xàorvn\cro dtcC qfuando tîïrg^ " j^
r ir^r*» ^<^ mtcrcrdmer'^fordih; ?^ ^ confupTtiUrrxr dhfc[',uBA foC'
'^f'fy-l^f'AlefrT,^<^r^Jt ^ Amant ttJilA^. C«^riî;c • V tl^rurv-rrrr (c^ fiit.fv-
LE MOYEN AGE Ui