‹ Le graduel et l'antiphonaire romainsChapitre 50 sur 85 · ffr · texte numérisé non relu

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Ostende no-bis Do- mine mi-se-ri-cordi- am lu-am ;

Une telle ruine, dans les éditions mêmes qui devaient sauvegarder un tel chant, si italien et si romain, est donc consommée. Depuis les publications faites à Rome entre i58i et 1596, c'est à qui, parmi les éditeurs et les maîtres de chapelle, s'efforcera, ridiculement, de faire cadrer la mélodie avec la « (juantité » grammaticale des rhéteurs et des versificateurs, pour commencer; on l'abrégera ensuite.

Enfin, par les changements opérés entre 161 3

' Leimîwkbek, Das Gradtiale Junla tfiil, Frciburg (Schweiz), 1909, p. 4, rcmaiviuable étude consacrée à ce livre de décadence, cl faite sur le modèle donné par lu Vulèoifraphie musicale à propos (le la Médicéenne.

APRfiS LE CONCILE DE TRENTE 183

et i()2i, dans les livres d'une seule j)rovince française, et que nous avons cités, on constate sur le vif la mutilation définitive, consacrée à Venise par le Junte de if)ii, et à Home par la Médicéenne de 16 1 4.

Si les conciles provinciaux de Reims avaient, en quelque mesure, contribué à accélérer le mouvement, il est assez curieux qu'ils soient alors demeurés isolés.

Nous ne connaissons pas d'autre synode qui se soit occupé, à la fin du xvi^ siècle, de la « quantité ». Si la maladie était générale, elle n'est cependant visible, en plus de la bulle Ex quo in Ecclesia^ que dans les prescriptions des deux conciles rémois. Cependant, toutes les assemblées de ce g-enre alors célébrées donnent des instructions sur la musique et le chant : jamais elles ne font allusion à une abréviation à faire subir au grégorien, ni à une opinion grammaticale quelconque. Leurs règlements ne parlent même pas des livres de chant. C'est tout au plus si l'on peut citer un passage du synode de i583, à Tours, qui mentionne, en passant, les Graduels parmi les livres liturgiques à corriger selon les prescriptions de Pie V^ ; il ne s'agit donc

' Missalia, breviaria, gradualia, aliosque libres. Labbé, xv, c. 1021. Cf. les synodes d'Aix en i585, et de Narbonne en 1609.

bien (|ue de leurs textes, à rendre semblables à ceux du Missel qu'ils doivent accompagner de leurs mélodies.

Cependant, les synodes français du temps auraient pu s'en occuper, plus que partout ailleurs, car, dans la pratique, malgré que nos diocèses fussent en général dans Texception des deux cents ans de prescription prévus par la bulle, ils adoptaient les livres romains. Le sentiment de la saine majorité du clergé français était encore exprimé, plus d'un siècle après, par Grandcolas :

Si au ix^ siècle, le bréviaire romain mérita tant d'applaudissements, et d'être préféré à tous ceux des autres églises, il paraît avec plus de lustre, après que le pape Pie V l'eut fait revoir; aussi peut-on dire que, depuis ce temps-là, toutes les églises particulières l'ont tellement adopté, que celles qui ne l'ont pas pris sous le nom de Bréviaire romain, l'ont presque tout inséré dans le leur, en l'accommodant à leur rite *.

C'est donc que le clergé français voyait bien, dans l'œuvre tridentine, une restitution des anciens usages de TEglise ; la réformation du chant n'était pas en question : celui-ci devait suivre purement et simplement celle des textes. Aussi, tel et tel livre de chant liturgi({ue des diocèses de nos pays, comme les //orae parisiennes de i ")()() (voir illus-

1 GnAM>coLAs, Conunenlaire liisloriqtie sur le Bréviaire romain, Paris, 1727, I, p. n.

LES IMPRIMKS DEPUIS LA FIN DU XVfe SIÈCLE (I)

Fo» 75 v° et 76 r° des Horae, a l'usage de Paris, Paris, 1599, caractéristiques pour la persistance de la tradition dans la notation et l'ornementation (cf. Officium pro defunctis, Edition V'aticane, p. 9, ou Graduel, p. 91). Les livres de ce type restèrent en usage pendant une partie du ivii'' siècle.

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