Toussaint: Vie de sainte Begghe, p
5. D'après un diplôme de 1171 et deux actes de 1129 et 1151. — Cf. C. Smet, Acta SS. Belgii, v, 70 ; — Moulaert : IJet groot Begginhof van Gent ; — Coulon : Hist. du Béguinage de Courtrai.
6. Die Geschichte der Ursprungs der helgischen B(^hinen. Berlin, 1849.
Quoi qu'il en soit, le Chroniqueur de Liège témoigne de la vertu de ces filles et de leurs bonnes œuvres, dont la renommée s'étendait au loin. De Nivelles, où elles s'étaient établies sous le patronage de sainte Gertrude ^ sœur de sainte Begghe, partirent bientôt des initiatrices aussi heureuses que zélées. De toutes ces fondations nous ne savons rien de bien précis, et il nous faut attendre celle de Gand, pour marcher sur un terrain solide. Un seul point reste vraiment acquis : les béguines n'étaient pas des moniales, mais seulement des personnes devotes vivant en communauté, suivant un règlement qui n'avait rien de monastique.
Leur vie tenait le milieu entre la vie séculière et la vie religieuse 2. w C'étaient de pieuses filles qu'avait groupées sous un même toit le désir de vivre en commun, en dehors du monde, dans la retraite, le travail et la prière ; pour un certain nombre au moins, dans la pensée qui les réunissait, entraient aussi pour quelque chose l'insuffisance des ressources personnelles, l'incertitude du lendemain, les dangers de l'isolement au milieu des troubles de ces temps agites... Elles étaient placées sous l'autorité de supérieurs et soumises à une règle ; mais sauf des engagements personnels, elles n'étaient point, même pour un temps limité, enchaînées par des vœux ; elles gardaient, avec leur liberté, avec la gestion et la disposition de leurs biens, leur rang dans le monde, dont elles étaient pourtant séparées 3. »
La plupart d'entre elles qui a avaient pour la fille de Pépin de Landen la dévotion qu'on voue à une fondatrice, s'associèrent
1. Morte tronte-trois ans plus tôt, fondatrice du couvent régulier de Nivelles, vers Q2Q,
2. Ducange : Glossariurriy cit. Liudanus : « lise médium vitae genus agunt inter monusticum et sseculare. »