‹ Le Grand Béguinage de GandChapitre 17 sur 76 · Annales religieuses d'Orléans, 1902, n" 2, p · texte numérisé non relu

Annales religieuses d'Orléans, 1902, n" 2, p

nager et aider à vivre les neuf béguines de la fondation ; en 1285, on portait à douze, la rente primitive de neuf écus, qu'il leur avait allouée. Les ducs d'Orléans continuèrent les bons offices des rois de France : en 1396/ Agnès du Gué, maîtresse du Béguinage, recevait du trésor ducal onze sols parisis par semaine et cinquante sols par an pour les robes. Jeanne d'Arc les trouva « dans la chambre, en manière de souspendue qui était à la halle, où vendaient les tanneurs », dont le loyer leur était toujours payé par « la duché d'Orléans ». Villon ne leur ménagea pas plus les railleries qu'aux Frères prêcheurs, dont elles étaient sans doute les dirigées. On perd leurs traces au commencement du seizième siècle.

Celui de Marseille était assis au pied de la colline de Saint- Michel, — sub colle S^^-Michaelis, — au bourg de Marseille. Il fut, de bonne heure, inféodé, si l'on peut ainsi parler, au couvent des Dominicains, comme le prouvent les générosités des Béguines, motivées par « la grande affection qu'elles ont envers les Frères-Prêcheurs dont elles reçoivent les sages conseils^ ». C'est ainsi que nous savons les noms des dames béguines, Fugérie, Cécile de Saint- Jacques, Raymonde de Saint-Saturnin, Allègre, et ceux des Pères Guillaume de Tonneins (plus tard, premier prieur de Saint-Maximin), et Bernard Vitalis son sous-prieur, qui signent un des actes de donation, en date du 7 des calendes d'avril 1280, ainsi que du prieur Béranger Alfan, dont le nom figure au bas d'un acte du 26 avril 1318. Les comtes de Provence, rois de Sicile, étaient les patrons naturels de cette fondation, sœur de celle que saint Louis faisait à Paris, à peu près à la même époque.

Celle-ci avait pour instigateur Geoffroy de Beaulieu, confes-

1. Archiv. des Bouches-du-Rhône : G. Surdi notariij xi, Reg.^ 32 et 51.

seur du pieux monarque. Au dire de Guillaume de Nangis ^ et de Thomas deCatimpré 2, il les avait tirées de la Flandre et du Brabant, en 1264 et les avait établies, avec l'agrément du roi, près de la porte Barbéel (qui ne tarda pas à s'appeler porte des Béguines 3), sur un terrain cédé par Etienne, abbé de Tiron. Vhostel des Béguines ^, pour parler le langage du temps.

INTERIEUR DE L EGLISE Dl BEGUINAGE DE TIRLEMONT

était placé sous la protection de sainte Catherine la mart\re, et ne tarda pas à compter plus de quatre cents habitantes, auxquelles Geoffroy donnait les soins les plus assidus, comme le prouvent ses fréquentes prédications dans leur église. Le succès du prédicateur ne tarda pas à mettre Sainte-Catherine en grande estime auprès du public^. Bientôt même, Voratoire de la porte Barbéel ne suffit plus à l'empressement des fidèles,

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