‹ Le Grand Béguinage de GandChapitre 22 sur 76 · Choquet: SS» Belg. ord. praed · texte numérisé non relu

Choquet: SS» Belg. ord. praed

à cette époque ^ Il en devait résulter une confusion facile — et voulue quelquefois — entre elles et les Sœurs prêcheuses ou celles de la Pénitence, comme on disait alors ^, A vrai dire, elles ne paraissent pas s'en être beaucoup préoccupées. Elles répondirent aux railleries et aux injures, comme les Frères prêcheurs eux-mêmes, en multipliant les couvents, où Ton priait pour les auteurs de la calomnie, afin qu'il plût à Dieu de les confondre. C'était un spectacle délicieux, au dire du bienheureux Henri Suso, que celui de ces ruches actives, où Thomas a Kempis aurait pu suivre le travail de ses abeilles ^, et d'où s'échappait, à chaque instant, quelque nouvel essaim, portant ailleurs la suavité du zèle, de l'humilité et du recueillement.

Le monde admirait l'habileté des Béguines dans les travaux d'aiguille ; il les aimait à cause de leur inépuisable charité envers les pauvres et les malades ; il leur enviait la joie, où elles vivaient derrière les murs de leurs paisibles cités et qu'elles portaient avec elles au dehors ; il leur donnait volontiers, pour compagnes, les filles de ses plus illustres maisons*; les évêques et les princes s'ingéniaient à les servir. Tout leur souriait : le passé déjà plein de doux souvenirs, le présent qui les entourait de faveurs incessantes, l'avenir où tout espoir devait leur sembler réalisable, puisqu'elles se sentaient agréables aux hommes et à Dieu.

1. Humbert de Romans (Rcscrit du 12 mai 1255). — Jean de Verceil (Rescrit du 23 juin 1272). — Bulle d'Alexandre IV, 1259, etc.

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